Toronto : une nouvelle libraire francophone va ouvrir ses portes

Julie Torterolo - 02.11.2015

Edition - International - Toronto - Alliance française - ouverture libriarie francophone


Un an après la fermeture de la Maison de la presse, la dernière librairie francophone du territoire, l’Alliance française de Toronto a annoncé que ses locaux allaient enfin accueillir un nouvel espace entièrement dédié à la littérature francophone. Baptisée Mosaïque, cette nouvelle librairie ouvrira ses portes le 30 novembre prochain et entend bien jouer sur son lien étroit avec la communauté francophone. 

 

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paul bica, CC BY 2.0

 

 

« Chaque fois que l’on a travaillé avec la communauté francophone, cela a été un gros succès ». Pour Happie Testa, copropriétaire du futur magasin, le succès de sa future librairie ne fait aucun doute. Déjà propriétaire de Rainbow Caterpillar, librairie spécialisée pour la littérature jeunesse à Toronto dans laquelle on retrouve une large part de livres francophones, la libraire veut toucher un public plus large. « On va trouver tous les livres francophones. L’espace n’est pas gigantesque, mais on va avoir certainement les meilleurs vendeurs, on va avoir les gagnants des prix, comme celui du gouverneur général et une collection de bandes dessinées », explique-t-elle à ici Radio-Canada

 

Cette nouvelle et unique librairie francophone de la ville entend bien jouer sur son lien avec la communauté. « Il faut aller chercher la communauté francophone, sortir de sa librairie », explique même Happie Testa au quotidien canadien. Selon un article d’ici Radio-Canada de juillet dernier, la francophonie serait en effet bel et bien présente à Toronto : en 2011, 5 % des habitants parlaient français à Toronto.

 

Cette dernière serait, ainsi la deuxième métropole canadienne qui compte le plus grand nombre d’habitants parlant français (64 765 personnes), selon les données recueillies par Statistique Canada en 2011. « Signe de la popularité croissante du français, certains artistes de la francophonie, comme Stromae, ont inclus Toronto dans leur tournée canadienne », rajoute même ici Radio-Canada. 

 

C’est ainsi que bande dessinée, livres, ou même œuvres d’auteurs canadiens traduites en français prendront place à Mosaïque. Hébergé par des locaux de l’Alliance de française, l’établissement fait également partie d’un projet global « de créer un lieu de rassemblement » qui accueillera également des manifestations pour la communauté francophone telle qu’un jour, un café.

 

Bientôt deux librairies francophones à Toronto 

 

Cependant, depuis quelques années, plusieurs librairies ont ainsi été contraintes de fermer boutique à cause de leurs difficultés financières croissantes : en 2009, la Librairie Champlain de Toronto après quasiment 50 ans de service, suivie de près en 2011 par la Librairie Grand ciel bleu du Sudbury.

 

« Les francophones représentent un marché plus petit que les anglophones », expliquait  Michel Levesque, directeur de la Librairie du Centre. « Sans compter que sur les 500 000 Franco-Ontariens, une bonne partie d'entre eux a le réflexe de ne lire qu'en anglais. » Pour autant, cette difficulté de vendre dans les librairies en français serait moins à attribuer à un désintérêt pour la littérature francophone qu'à la concurrence ardue des sites de vente par correspondance, la diffusion des ouvrages dans les grandes surfaces, ou encore tout simplement la concurrence des grosses chaînes de librairies.

 

S'ajoute à cela, que la Librairie du Quartier, boutique francophone à Québec, a annoncé en juillet dernier vouloir s'implanter dans la ville de Toronto. Selon Radio-Canada, les propriétaires de cette dernière avaient d'ailleurs conclu un partenariat avec l'Alliance française, mais s'étaient désistés pour des raisons inconnues. « Je demeure convaincu qu'il y a une place à Toronto pour une librairie francophone, qui pourrait être viable. Est-ce que d'ouvrir deux librairies francophones à Toronto en même temps est une bonne idée? Je ne crois pas », a alors déclaré au quotidien, Christope Gagnon-Lavoie, copropriétaire de la Librairie du Quartier.

 

Pour le directeur de l'Alliance française, la question ne se pose  pas : « Il nous semblait peut admissible que les francophones et les francophiles n’aient plus un lieu d’accès physique à la littérature », expliquait-il en août dernier à ici Radio-Canada.