Toujours moins de librairies parmi les commerces de Paris

Clément Solym - 12.03.2015

Edition - Librairies - commerces parisiens - fermeture librairies - établissements culture


L'atelier parisien d'urbanisme APUR, vient de présenter une carte sur l'évolution des commerces dans la ville de Paris, entre 2011 et 2014. Ce modèle de datavisualisation est présenté dans son intégralité à cette adresse. Il fait suite au dernier recensement des commerces parisiens réalisé en avril 2014, à l'initiative de la Ville de Paris, de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris et de l'Apur.

 

 

Librairie l'attrape coeurs (Paris)

ActuaLitté CC BY SA 2.0

 

 

Le premier constat qui s'impose, c'est que le nombre de commerces est en légère croissance, de 0,8 %, avec 62.114 établissements l'année passée, en dépit d'un contexte économique de crise. Et l'occasion de se réjouir, puisque, sur la période 2007-2011, la ville accusait un recul de - 1,3 %. Mais dans les commerces, tout le monde n'est pas traité à la même enseigne : supérettes et opticiens sont largement majoritaires dans les ouvertures. Les premières enregistrent un +9 %, les seconds un +18 %. Juste après viennent les soins du corps, avec +6 %.

 

La densité du réseau commercial parisien ne serait donc pas à remettre en cause, puisque la capitale disposerait d'un parc « plus dense que les autres grandes villes, sans doute lié à la concentration de logements et d'emplois, ainsi qu'à l'attraction exercée auprès des visiteurs extérieurs ». 

 

Or, Paris se distingue tout particulièrement avec la présence de ce que l'on qualifie comme des commerces dédiés aux achats exceptionnels, dans lesquels entrent les librairies, papeteries et journaux. 

 

Pourtant, sur l'évolution annuelle, on constate que les commerces de culture et loisirs stagnent, avec 0,1 % de croissance, et 5800 locaux actuellement disponibles. Et avec le commerce de gros, qui est en recul de 23 %, les librairies et la presse voient s'amplifier la vague de disparition.

 

« La baisse du nombre de librairies s'amplifie par rapport à la période précédente 2007-2011, avec la disparition de 83 librairies (-10 %) », explique le rapport. Si la presse est plus frappée encore, avec - 19 %, le rythme semble s'être ralenti. « La concurrence d'internet et de la presse quotidienne gratuite expliquent notamment cette désaffection pour ce type de commerces culturels. »

 

Il reste cependant complexe d'évaluer l'impact du e-commerce sur les boutiques traditionnelles, souligne l'étude. Mais dans le cas des librairies, disquaires ou vidéoclubs, les conséquences seraient indéniables. Entre 2013 et 2014, la capitale aura perdu 213 librairies, mais, bien entendu, tous les arrondissements ne sont pas également touchés. 

 

Les Ve et VIe arrondissements sont particulièrement protégés, et bénéficient d'une politique toute particulière de la ville de Paris, notamment avec l'intervention de la SEMAEST, pour favoriser l'implantation de ces commerces, et surtout leur protection.

 

En juin 2013, une étude réalisée par la Semaest démontrait d'ailleurs qu'entre 2007 et 2012, les loyers et les conditions financières, comme de rentabilité de la librairie, étaient trop difficiles pour les boutiques. Elle assurait d'ailleurs être parvenue à enrayer, avec l'aide de la ville, la régression des librairies. Entre 2003 et 2007, la capitale avait connu une forte régression. Mais la situation ne s'est finalement pas améliorée.

 

Entre 2007 et 2001, les librairies étaient déjà en recul de 8 % sur le territoire parisien, note l'APUR, et, en dépit des efforts mis en place, la tendance se poursuit donc.