Tous à poil ! Les membres de l'UMP soutiennent leur président

Julien Helmlinger - 13.02.2014

Edition - International - Jean-François Copé - Tous à poil ! - Théorie du genre


Face aux foudres qu'il s'est attirées, en brandissant et dénonçant un livre prétendument conseillé aux enseignants de classes primaires, Jean-François Copé semblait monté plus qu'à poil sur ses grands chevaux. Ce mercredi, pour répondre au flot de réactions lapidaires, émanant notamment de membres du gouvernement, l'UMP a défendu son président. Lui-même a pris la plume pour dénoncer les « propos haineux » proférés à son encontre.

 

 

 Tous à poil !, de Claire Franek et Marc Daniau

 

 

Tout a commencé ce dimanche, quand le président de l'UMP s'est vivement emporté sur le plateau du Grand Jury. Il s'indignait contre ce titre jeunesse, Tous à poil !, qui ose déshabiller divers personnages de la vie de tous les jours, avec la volonté affichée de dédramatiser le sujet parfois tabou de la nudité et encourager l'égalité des sexes. Un livre pour enfants dont l'éventualité d'une lecture en milieu scolaire ne donna « pas envie de sourire » au député maire de Meaux.

 

Suite à la prestation de Jean-François Copé, les critiques n'ont pas tardé à lui répondre. Le Parti socialiste s'en est donné à coeur joie et parfois à grand renfort d'ironie. En même temps le bouquin jusqu'à lors passé relativement inaperçu, écoulé à 1500 exemplaires en trois ans, s'est rapidement classé en bonne place au top des ventes Amazon. Selon Bruno Le Roux, patron des députés PS, « Copé ne récolte que ce qu'il mérite ».

 

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, s'était dite « profondément choquée par le comportement » de Jean-François Copé, quand le premier ministre Jean-Marc Ayrault qualifiait l'intervention de son opposant de « délire ». Pour Aurélie Filippetti il s'était « ridiculisé », Michel Sapin a estimé que Copé n'avait « pas été républicain », tandis que Vincent Peillon l'accusait carrément de se faire le « porte-parole de groupes extrémistes ». Un tollé général.

 

Copé et autres membres de l'UMP répliquent

 

En retour, l'UMP a également répliqué en rangs serrés, nous rapporte l'AFP. Le vice-président Brice Hortefeux invoque les nuances : « Jean-François Copé n'a pas dit qu'il fallait interdire ce livre dans les écoles [...] Simplement que ce n'était peut-être pas la place dans les écoles. Je partage totalement son sentiment ». Il s'est également dit « effaré de la violence avec laquelle, dès que l'opposition émet un soupçon de critique, on l'accuse de fascisme » ou de « collusion avec l'extrême droite ».

 

Le sénateur des Hauts-de-Seine Roger Karoutchi qualifie le tollé de « Copé Bashing », quand le président François Hollande est appelé par l'ancien président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, à « rappeler à l'ordre ses ministres ». Michèle Tabarot, bras droit de Copé, a dénoncé via communiqué : « Tout ce que le gouvernement trouve à faire c'est de multiplier les attaques contre l'UMP et son président pour tenter de détourner l'attention des Français de leurs échecs dans tous les domaines. »

Vincent Peillon, qui avait été virulent dans son commentaire, est également visé par d'autres membres de l'UMP. « À y regarder de plus près, il apparaît non pas comme le simple porte-parole d'une idéologie, mais comme un dangereux idéologue extrémiste qui a reçu la charge de l'éducation de nos enfants », écrit notamment Sébastien Huygue, relayé par l'agence de presse.

Quant au principal intéressé, Jean-François Copé, il s'est finalement défendu en adressant une déclaration à l'AFP. Le président de l'UMP a estimé « profondément regrettables les propos haineux » de membres du gouvernement à son égard, dénonçant les « amalgames profondément choquants » de la porte-parole du gouvernement « avec les autodafés de tristes mémoires », avant d'expliquer son indignation :

« Ces livres existent ; ils sont recommandés dans l'ABCD de l'égalité et par le Centre national de documentation pédagogique. [...] Il n'a jamais été question de proposer de les interdire dans les librairies ou dans les bibliothèques. Je demande seulement qu'ils ne servent pas de support d'enseignement aux enfants de maternelle ou de primaire. »