Tow Sawyer et la palissade de Google pour l'anniversaire de Mark Twain

Clément Solym - 30.11.2011

Edition - Société - Mark Twain - anniversaire - doodle


Il aura rarement été aussi long, l'hommage de Google à un écrivain. Mais pour Mark Twain, dont on célèbre aujourd'hui le 176e anniversaire de la naissance, un 30 novembre, rien n'est trop beau.


Évidemment, ce sont les aventures de Tom Sawyer qui sont ici reprises, pour un doodle spécial. L'une des grandes scènes de l'ouvrage, a point que dans la ville natale, est organisé chaque année un concours de peinture de palissade en l'honneur du petit Tom.

 

 

Twain qui, enfant, vécut à Hannibal, dans l'État du Missouri, une ville proche du Mississippi, où son jeune héros vivra tant de choses.

 

D'ailleurs, voici le début de l'extrait en question :

Tom sortit de la maison armé d'un baquet de lait de chaux et d'un long pinceau. Il examina la palissade autour du jardin. Toute joie l'abandonna et son âme s'emplit de mélancolie. Trente mètres de planches à badigeonner sur plus d'un mètre et demi de haut ; la vie n'était plus qu'un lourd fardeau.

 

Il poussa un soupir, trempa son pinceau dans le baquet, barbouilla la planche la plus élevée, répéta deux fois la même opération, compara l'insignifiant espace qu'il venait de blanchir à l'immense surface qu'il lui restait à couvrir, puis, découragé, il s'assit sur une souche.

 

À ce moment, Jim s'avança en sautillant, un seau vide à la main et chantant à tue-tête Les Filles de Buffalo. Jusque-là, Tom avait toujours considéré comme une odieuse corvée d'aller chercher de l'eau à la pompe du village, mais maintenant, il n'était plus de cet avis.

 

Il se rappelait qu'autour de la pompe, on rencontrait beaucoup de monde. En attendant leur tour, les Blancs, les mulâtres, les nègres, garçons et filles, flânaient, échangeaient des jouets, se querellaient, se battaient ou se faisaient des niches. Et il se rappelait également que la pompe avait beau n'être qu'à cent cinquante mètres de la maison, Jim mettait au moins une heure pour en revenir avec son seau.

 

« Hé ! Jim, fit Tom, je vais aller chercher de l'eau pour toi si tu veux donner un coup de pinceau à ma place. »
Jim secoua la tête.
« J'peux pas, missié Tom. Ma maîtresse elle m'a dit d'y aller et de ne pas m'arrêter en route. Elle m'a dit que missié Tom il me demanderait de repeindre la clôture et qu'il fallait pas que je l'écoute. Elle a dit qu'elle surveillerait elle-même le travail.


– Ne t'occupe donc pas de ce qu'elle dit, Jim. Tu sais bien qu'elle parle toujours comme ça. Passe-moi le seau. J'en ai pour une minute. Elle ne saura même pas que je suis sorti.
– Oh ! non, missié Tom, j'peux pas. Ma maîtresse elle m'arracherait la tête, c'est sûr et certain.
– Elle ! Elle ne donne jamais de correction à personne, à part un bon coup de dé à coudre sur la tête, ce n'est pas bien méchant, non ? Elle dit des choses terribles, mais les paroles, ça ne fait pas de mal, sauf si elle crie un peu trop fort. Je vais te faire un cadeau magnifique. Je vais te donner une bille toute blanche ! »


Jim commençait à se laisser fléchir.
« Oui, Jim, une bille toute blanche.
– Ça, missié Tom, c'est un beau cadeau, mais j'ai peur de ma maîtresse...
– D'ailleurs, si tu me passes ton seau, je te montrerai la blessure que j'ai au pied. »
Après tout, Jim n'était qu'une créature humaine... La tentation était trop forte. Il posa son seau à terre et prit la bille. L'instant d'après, Jim déguerpissait à toute allure, le seau à la main et le derrière en feu ; Tom badigeonnait la palissade avec ardeur : tante Polly regagnait la maison, la pantoufle sous le bras et la mine triomphante.

 

 

Que l'on pourra télécharger ici