Traitement 'Guerre froide' pour un enseignant avec évaluation psychologique

Nicolas Gary - 02.09.2014

Edition - International - uchronie fusillade - enseignant Maryland - évaluation psychologique


Les enseignants américains qui ont le malheur d'écrire des romans vont se serrer la vis : l'un de leurs confrères, résidant dans le Maryland, et officiant sous pseudonyme, s'est vu contraint à « une évaluation médicale d'urgence ». À 23 ans, ce dernier a écrit un ouvrage dans lequel il raconte... une fusillade dans une école. Le cas Patrick McLaw prend désormais une tournure inquiétante, avec des méthodes qui fleurent la répression soviétique...

 

USSR-stalin-dam-pipe- happy people waving arms

James Vaughan, CC BY NC SA 2.0

 

 

Fin août, l'histoire des romans de Patrick McLaw prêtait à sourire : l'idée qu'un romancier, parce qu'il aborde des thèmes sensibles, soit exclu de son établissement, ressemblait à une plaisanterie potache de l'administration. C'était oublier que l'administration n'a pas d'humour. 

 

Le premier de ses titres se présente comme un roman d'anticipation, où une fusillade intervient entre deux groupes d'élèves dans des écoles rivales. Et ce carnage devient le plus grand de l'histoire de l'Amérique. Dans un premier temps, les forces de police avaient fouillé l'établissement où officie l'enseignant, puis inspecté son propre domicile, sans avoir réellement de motif pour ce faire – sinon une sorte de principe de précaution assez peu respectueux des droits. 

 

Depuis, la situation a empiré : outre qu'il lui a fallu se soumettre à un contrôle médical impératif (impérieux ?), l'enseignant est suspendu sans savoir exactement à quelle date il pourra reprendre ses fonctions. La police s'est également installée sur le campus « aussi longtemps que cela sera nécessaire », ont assuré les autorités. En attendant, Patrick McLaw a l'interdiction de quitter le territoire, et une enquête élargie sur l'ensemble de la région a été décrétée.

 

On ignore ce que les forces de police entendent trouver, ou démontrer avec ce déploiement d'autorité, mais ce qui reste le plus troublant est que l'enseignant ne fait toujours pas l'objet d'un chef d'inculpation. Alors que les méthodes semblent totalement contrevenir au Premier amendement américain, le cas n'est toujours pas devenu un enjeu national.

 

Dans le cadre de son examen médical, les autorités de l'État ont demandé que le prof se soumette à une série d'évaluations psychologiques. 

 

(via The Atlantic)