Transparence, sécurité, critères : quel million pour les auteurs ?

Nicolas Gary - 08.04.2020

Edition - Société - subvention auteurs SGDL - ministère Culture aide - coronavirus soutien édition


Colère. Encore et toujours. Le ministère de la Culture se retrouve avec la population des artistes-auteurs sur les bras, précarisés, touchés par la crise et toujours sans vrai statut. Alors que les mesures tombent une à une, l’inadaptation des différents dispositifs à la réalité de leurs métiers fait des dégâts.


Anemone123 CC 0

 
Au départ, il n’était que question de mesures d’aides aux différentes branches des industries culturelles : livre, audiovisuel, musique, etc. Les auteurs s’impatientaient. Les annonces ont tardé à venir, mais des dispositifs généraux ont été annoncés pour eux. Accès au fonds de solidarité, aux indemnités de garde d’enfants, etc. Réjouissance jusqu’au mur de la réalité.

Une histoire qu’on connait bien chez ActuaLitté pour avoir documenté ces dysfonctionnements : pas d’adaptation à leurs métiers, formulaires qui ne leur demandent pas les bonnes informations, ou refus de l’administration de leur donner des droits. La vie d’auteur est un parcours du combattant quand il s’agit d’accès aux droits.
 

Les organisations professionnelles de créateurs de différents métiers étaient sur le pont, avec une demande très claire : un fonds d’urgence artistes-auteurs, comme il y a des fonds pour chaque profession ou secteur. L’enjeu ? Éviter les ruptures d’égalité, avoir des critères unifiés, correspondre à la réalité de leurs pratiques. Hélas, la demande semble enterrée.
 
Le Centre National du Livre vient d’annoncer son plan à destination de l’interprofession, qui ne fait pas l’unanimité chez les auteurs. Le choix a été fait de doter la Société des gens de lettres d’un million d’euros de subvention pour qu’elle répartisse ensuite des aides sociales selon des critères assez stricts, vivement critiqués et jugés « hors sol » ou discriminants par beaucoup.
 

Des questions demeurent : quelle transparence dans la gestion de ce dispositif ? Quelle forme prend réellement ce million d’euros sous forme de « dotation » à la SGDL ? Et qu’en est-il des données personnelles des auteurs ?

Récemment, dans une nouvelle tribune chez Biblios, le comité de l’institution définissait de « détracteurs » les auteurs adhérents à d’autres organisations identifiables, qui ont un autre point de vue sur les positions à prendre pour défendre la profession : « Nous sommes d’ailleurs souvent amusés (et sincèrement heureux !) de constater que certains détracteurs publics de la SGDL sont ravis de bénéficier de ses services et aides diverses... ».

Une phrase qui a inquiété de nombreux auteurs sur le fait que le conseil d’administration avait connaissance des dossiers de leur assistante sociale. Un service qu’a apparemment aussi délégué le CNL à la SGDL il y a plusieurs années.
 
 


En parallèle, le traitement est inégal : côté arts visuels, c’est le CNAP, le centre national des arts plastiques, qui gère les aides aux artistes-auteurs. Côté audiovisuel, le CNC a délégué à la SACD, mais les critères pour les scénaristes sont beaucoup plus larges et simples. Les montants varient aussi selon les guichets.

Des questions se posent : beaucoup d’artistes-auteurs travaillent dans différents secteurs, est-ce qu’ils peuvent faire des demandes dans plusieurs comptoirs ? Ces aides sont-elles cumulatives ? Dans ce labyrinthe de guichets et de critères, il est compliqué de déchiffrer les droits.
 



Commentaires
Nous sommes en train de parler d'un gouvernement qui n'a JAMAIS fait montre de la moindre capacité d'empathie, de vision. Même la crise sanitaire qui s'annonçait, bien évidente, ils ne l'ont pas vue venir. Comment peut-on penser un seul instant que ces types dépassés par les événements, dépassés par la société, par les enjeux d'avenir, d'environnement, de santé, de culture, puissent mettre un place un dispositif intelligent et adapté? On parle de types qui n'ont pas prévu de masques en voyant un virus balayer la planète!
Si la SGDL avait soutenu les syndicats d'artistes-auteurs plutôt que de demander de gérer le million d'euros peut-être que les auteurs du livre n'en seraient pas là... C'est indécent ! Et les critères ! À quoi ça sert de déléguer pour une expertise si en plus il n'y a pas d'expertise ? Et que dire du Centre National du Livre qui se décharge de son boulot en leur filant juste l'enveloppe... ?
On n'en serait pas là si la demande d'une dizaine de syndicats et organisations professionnelles de créer un guichet unique artistes-auteurs géré par l'Etat sur des critères simples et clairs avait été entendue. Comme d'habitude, le ministre n'écoute que certains lobbys en place au détriment de l'intérêt général. Cela ne rend que plus urgente et nécessaire la pétition en cours, pour une deuxième vague d'aide qui devra nécessairement venir. M. Riester reste sourd ? Il nous reste à crier plus fort ! Signez, faites signer, diffuser la pétition pour un guichet unique.

https://www.change.org/p/franck-riester-covid-19-pour-un-fonds-d-urgence-unique-en-faveur-de-tous-les-artistes-auteurs?recruiter=309439017&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition
Perso pour mars j’ai demandé l’aide du fond de soutien. Mais pour avril je n’aurais rien si le mode de calcul reste le même car en avril 2019 je n’ai pas travaillé.
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