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Tranströmer, Nobel de littérature, 'une ouverture fraîche sur la réalité'

Clément Solym - 06.10.2011

Edition - Société - transtromer - nobel - litterature


Des textes avec des images fortes, simples, claires, autant d'autres éléments qui, aux yeux de l'Académie, ont motivé le désir de récompenser Thomas Tranströmer.

Pourtant, le choix d'un auteur suédois est discutable, et ne manquera pas de retomber sur les jurés de l'Académie. On se défend en invoquant un choix qui n'est pas fréquent, puisque cela faisait 40 ans qu'aucun des auteurs locaux n'avait été récompensé. (voir notre actualitté)

L'Académie aura seulement conclu que la décision avait été motivée par le fait que le poète offrait « une ouverture fraîche sur la réalité ».


 
Dans un entretien accordé à l'Express, le traducteur français, Jacques Oudin, soulignait que la poésie de Thomas, âgé de 80 ans, offrait « de regarder au fond du poème comme on regarde au fond d'un puits pour en retirer des visions qui semblent arrachées au néant ».

Parmi ses grandes oeuvres :

  • Sorgegondolen publié en 1996
  • Den stora gåtan (paru en 2004, traduit au Castor astral par La grande énigme: 45 haïkus, 2004), un texte qui « tend à un format encore moindre et à un degré encore plus grand de concentration », souligne l'agence Reuters.
« La plupart des recueils de poésie de Tranströmer sont empreints d'économie, d'une qualité concrète et de métaphores expressives », souligne l'Académie.

Psychologique dans une maison de correction, Tranströmer a suivi des cours de lettres, histoire et religion, ainsi que psychologie à Stockholm. Il compte parmi les auteurs nordiques les plus connus de son temps.

Il publia son premier recueil à l'âgé de 23 ans, intitulé 17 poèmes, dans la maison Bonniers. À qui il n'a jamais fait défaut depuis. (voir sur Oeuvres ouvertes, un extrait et analyse)

Ce qui reste désagréable, ce sont les propos tenus par le porte-parole, Peter Englund, expliquant que dans une volonté d'ouverture, l'Académie s'était entourée d'experts, pour mieux appréhender la littérature mondiale.

Il n'existe aucun monopole du talent dans la littérature occidentale, soulignait-il, ajoutant que si ce préjugé existait réellement, c'était « un préjugé inconscient, ce qui signifie tout simplement que l'on recherche quelque chose de proche de soi, et qui est plus facile à comprendre. Vous partagez beaucoup de valeurs culturelles et historiques, aussi l'oeuvre est plus accessible ». (voir notre actualitté)