Travailler au plus près du gouvernement américain, la stratégie Amazon

Cécile Mazin - 10.02.2016

Edition - International - amazon lobbying - recrutement salariés


Les réceptions de l’ambassadeur sont prisées pour leurs petites douceurs au chocolat. Les campagnes de lobbying que mène Amazon se dispensent aisément d’huile de palme : elles profitent plutôt de relations confortables auprès de la Maison Blanche. Théorie complotiste ? Peut-être : reste que les recrutements opérés font froncer les sourcils. Et les dépenses avec.

 

Amazon.com

Mike Mozart, CC BY 2.0

 

 

En 2015, le lobbying de Jeff Bezos aurait coûté 9,4 millions $ aux finances de sa société. Ce qui revient à avoir doublé les dépenses pour tenter d’influencer le Congrès et les agences qui tournent autour. De nombreux sujets méritent en effet que l’on capte l’attention des parlementaires – et qu’Amazon partage avec plusieurs sociétés, comme Microsoft, Apple, Facebook, et d’autres.

 

L’augmentation des dépenses liées au lobbying sont associées au recrutement d’un certain Jay Carney, au printemps 2015. Qui n’est autre qu’un ancien de la Maison Blanche. « Comme beaucoup d’entreprises, Amazon a une présence à Washington et nous nous concentrons sur les questions qui nous importent », précise-t-il. Désormais propulsé au poste de vice-président senior des sujets corporate, il fut également, à compter de janvier 2011 l’un des communicants de Barack Obama. Juste cela. 

 

Parmi ses activités, l’idée portée d’une « norme nationale pour la collecte de taxes liées aux ventes dans un État, pour les achats réalisés en ligne ». Il parle également avec ses anciens amis du Cloud d’Amazon Web Services, fourni à des agences gouvernementales. Et puis, il y a les drones, bien entendu, et de nombreux sujets encore. 

 

« Le fait que AWS [Amazon Web Services] ait connu un certain succès dans son modèle, avec le secteur public, et évidemment, avec la CIA, témoigne de la qualité de qu’AWS propose et de ses offres », indique sobrement Carney. Avec 70 % de croissance et un chiffre d’affaires de 1,86 milliard $ sur 2015, il est clair que le nuage représente bien plus qu’une simple vision de poète. 

 

Or, Amazon conforte par d’autres approches son service de lobbying : le recrutement de Richard Beutel, ancien de la House Committee on Oversight and Government Reform est significatif. Alors que des modifications de la réglementation sur les marchés publics s’amorcent, ce spécialiste arrivé en janvier 2015 est un atout précieux. Cette seule personnalité indiquerait combien Amazon a décidé d’investir dans ses relations avec le gouvernement. 

 

Lydia Leong, analyste chez Gartner estime d’ailleurs que, même une société comme Microsoft qui a de multiples contrats publics, ne disposerait pas des mêmes faisceaux de relations. « Amazon est vraiment en train d’apprendre à naviguer entre tous ces aspects. » 

 

(via Washington Post)