Travailleurs à domicile : les correcteurs de l'édition inquiètent les parlementaires

Clément Solym - 21.09.2016

Edition - Economie - Travailleurs à domicile - correcteurs de l'édition - Assemblée Audrey Azoulay


Les conditions de travail des correcteurs, dans l’édition, préoccupent les parlementaires. En l’espace d’une dizaine de jours, trois questions posées par des députées à Audrey Azoulay interpellent sur la précarité que connaissent les Travailleurs à Domicile.

 

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

La ministre de la Culture a du courrier : Martine Martinel (socialiste écologiste et républicain), Marie-George Buffet (gauche démocrate et républicaine) et Isabelle Attard (non inscrite) viennent de prendre la question des correcteurs travaillant dans l’édition. 

 

Les trois députées pointent en effet des « conditions de travail [...] le plus souvent précaires ». En effet, les Travailleurs à Domicile (TAD) ont des rémunérations « extrêmement fluctuantes ». Un problème qui découle de ce qu’ils n’ont aucune garantie d’un nombre d’heures travaillées précis. Par conséquent, « aucun revenu fixe et prévisible n’est possible ».

 

Et les parlementaires de souligner que « l’annexe IV de la Convention nationale de l’édition qui régit le statut des TAD n’impose aucune obligation aux employeurs d’un salaire mensuel minimum ». 

 

Les revendications portées par les correcteurs de l’édition sont « de pouvoir travailler le même nombre d’heures que l’année précédente et de pouvoir lisser leurs revenus annuels de manière à disposer d’un salaire mensuel fixe ». Les trois députées demandent à la ministre de la Culture comment elle compte mettre un terme à « cette injustice de traitement ». Mais également les solutions pour « valoriser ce métier, vecteur essentiel de l’exception culturelle française ». 

 

Selon Anne Hébrard, secrétaire générale du Syndicat national des correcteurs, il est appréciable que les parlementaires s’emparent de ces questions, mais, toutefois, « elles arrivent bien trop tard ». Si actuellement des réunions paritaires ont lieu avec le Syndicat national de l’édition, les problématiques financières « ne sont pas une préoccupation pour les éditeurs ».

 

Le véritable enjeu, déjà amplement évoqué en juin dernier, est celui de l’autoentreprenariat. « Les Travailleurs à Domicile se voient proposer cette unique solution en guise de statut. Alors c’est très bien que l’on attire l’attention des pouvoirs publics, mais la situation des correcteurs fait qu’il sera bientôt trop tard, parce qu’ils sont pris en tenailles. »

 

Les correcteurs dénoncent à leur tour des conditions de travail désastreuses 

 

Un statut aujourd’hui « vidé de sa substance », et qui nécessiterait que « l’on interdise tout simplement d’employer des TàD sous le régime d’autoentrepreneur. Sauf que dans ce petit milieu, personne n’osera jamais attaquer une maison, sinon, plus de travail, tout bonnement ». De fait, le statut d’autoentrepreneur serait plutôt « imposé » par les maisons d’édition, déplorent les correcteurs.

 

Et de poursuivre, comme c’était le cas en juin dernier : « Pendant longtemps, certaines maisons d’édition payaient les TAD en droits d’auteur. C’était une pratique illégale, mais l’intérêt, c’était qu’ils n’avaient pas de charges. Maintenant que c’est redressé, les maisons ont davantage recours à l’autoentreprenariat. »

 

Si les nouvelles discussions avec le SNE ont cours, ces sujets ne datent pas d’hier. Voilà plusieurs années, les mêmes interrogations avaient fusé au Sénat, sans que de véritables réponses ne soient apportées. 

 

Nous attendons de plus amples informations de la part du SNE.

 

 

 

Les questions des parlementaires :

 

Martine Martinel (socialiste écologiste et républicain)

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-98873QE.htm

 

Marie-George Buffet (gauche démocrate et républicaine)

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-98622QE.htm

 

Isabelle Attard (non inscrite)

http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-98621QE.htm