Travailleurs noirs et latinos “intentionnellement” mis en danger chez Amazon

Clément Solym - 13.11.2020

Edition - Justice - minorités danger sanitaire - Amazon danger salariés - travailleurs minorités Amazon


Pour effarant que soit le terme de “minorités” il pointe dans une procédure contre le géant du commerce les victimes toutes désignées. Le recours collectif pour discrimination présumée, porté devant le tribunal fédéral de New York, ce 12 novembre en fait amplement état.



Au cœur de la première vague, il a fini par incarner le bouc émissaire idéal pour l’entreprise. Christian Smalls est ce salarié renvoyé sans ménagement pour avoir attiré l’attention sur les manquements en termes sanitaires dans les entrepôts. « Plusieurs employés sur le site utilisent le même masque durant plusieurs jours, au lieu d’en avoir de nouveaux quotidiennement », attestait en mars dernier un représentant syndical. Mais Smalls a été licencié pour avoir osé parler en public. 
 

Ségrégation volontaire ?


L’entreprise n’avait pas fourni aux salariés d’équipements de protection individuelle — et spécifiquement à ceux des minorités noires et latinos, ajoute-t-il désormais dans une plainte. Ces derniers se trouvaient donc dans des conditions de travail dégradées, en regard des cadres, majoritairement blancs. 

« En agissant de la sorte, le défenseur a adopté une pratique, qui a affecté intentionnellement, disproportionnellement et défavorablement les travailleurs afro-américains et hispaniques », note la procédure. Et de demander, évidemment, des dommages-intérêts, mais non encore évalués.

Law 360 rappelle que Smalls était employé dans un centre de Staten Island : il a mené des manifestations dès les premiers jours de la pandémie sur le territoire américain. Le tout en dénonçant une politique déconcertante pour les travailleurs ainsi exposés ou qui ressentaient des symptômes.

Directeur adjoint du département des livraisons, il était alors devenu la cible à abattre, dans la stratégie de communication suggérée par l’avocat de la firme, David Zapolsky, directement à Jeff Bezos. Smalls, décrit comme « pas intelligent » incarnerait alors un élément à présenter sur l’autel de la virginité qu’Amazon avait alors besoin de se racheter.

Les témoignages de collaborateurs remontèrent rapidement jusqu’à lui, avant son licenciement. Que ce soit des personnes testées positivement, ou des collègues non encore testés, les cas ne manquaient pas. D’autant qu’Amazon a instauré une approche très libérale : les cas positifs à la Covid-19 étaient mis en quarantaine chez eux.

Les autres, non diagnostiqués ni testés, mais qui se sentaient malades, étaient contraints de choisir entre continuer de venir, pour percevoir un chèque de paie, pris sur leurs congés. L’alternative était de maintenir leur salaire en retournant au boulot, sacrifiant par conséquent la santé de leurs collègues. Dur.
 

Des mesures indigentes


Le mois dernier, trois parlementaires démocrates du Massachusetts avaient accusé Amazon d’avoir trompé les législateurs sur les normes de sécurité apportées dans les entrepôts. Et une enquête dans la presse suggérait que l’entreprise n’avait en effet pas suffisamment pris en compte les dangers ni respecté les mesures.

Les sénateurs américains Elizabeth Warren et Edward J. Markey, ainsi que Joseph P. Kennedy sollicitaient alors Jeff Bezos dans un courrier rendu public pour lui demander si sa société était plus attachée au profit qu’à la sécurité. Et d’ici à janvier 2021, des preuves manifestes de changements devaient être apportées.

Pourtant, un juge fédéral de New York vient de refuser une ordonnance aux mêmes salariés de Staten Island : ils voulaient simplement un renforcement des mesures de protection. Pour Brian Cogan, le juge, il revenait à l’administration de la santé de juger si Amazon en faisait assez pour ses travailleurs. Pas à la justice. 

Désormais, cette nouvelle procédure rebat les cartes, tentant une fois de plus de mettre la firme face à ses responsabilités.


crédit photo : Entrepôt d'Amazon - CTsabre14 CC BY SA 4.0


Commentaires
Quand foutra-t-on la baffe du siècle à ces criminels?
Il suffit de ne pas élire des gens qui sont mondialistes. Par exemple, Trump allait casser les GAFA... Mais il fallait absolument ne pas voter pour lui et donc ce sera sans doute Biden, un mondialiste de première, qui va de nouveau favoriser les GAFA...

CQFD.
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