Très mauvais résultats financiers pour Barnes & Noble au premier trimestre

Clément Solym - 15.09.2016

Edition - Economie - Barnes Noble finances - résultats Barnes & Noble - trimestre B&N


Voici moins d’un mois que l’ex-PDG de Barnes & Noble, Ron Boire, a été licencié. Et la chaîne de librairies affiche des résultats catastrophiques pour son premier trimestre 2017. Les temps sont durs, particulièrement douloureux...

 

barnes & noble

Isaac Bowen, CC BY SA 2.0

 

 

Au moment de son licenciement, Ron Boire semblait se faire reprocher un manque d’ambition, et la décision paraissait quelque peu déroutante. Or, la semaine passée, les résultats financiers ont montré que le navire avait pris l’eau, vilainement – avec ou sans grandes ambitions.

 

En effet, le chiffre d’affaires a diminué de 6,6 %, avec une perte nette de 14,4 millions $, bien au-dessus des attentes. En effet, pour le premier trimestre 2016, elles se chiffraient à 7,8 millions $. Et pour achever le tableau sinistre, les prévisions de B&N envisagent que les ventes au détail continueront de diminuer tout au long de l’exercice 2017. 

 

Pour le Q1, le chiffre d’affaires global atteint 913,9 millions $, et surtout, le CA pour les ventes en magasin et sur le site internet passe à 881,7 millions $, soit 6,1 % de recul en regard de l’année passée. 

 

Aucune de ces différentes données ne laisse envisager un ciel dégagé pour l’entreprise, mais le plus important reste la baisse des revenus dans les magasins. Quand bien même une partie de la stratégie de la chaîne sera de fermer des magasins, tout cela ne laisse rien présager de bon. Et cela, même le communiqué de presse ne peut le cacher.

 

C’est alors à Leonard Riggio, le fondateur redevenu PDG après le départ de Ron Boire, que l’on fait appel. Selon lui, beaucoup d’initiatives ont été mises en place pour assurer une meilleure conversion des ventes dans les magasins. Et dans le même temps, des concepts de librairies-restaurants sont déployés, qui devraient assurer des rentrées d’argent intéressantes, assure-t-il à Publishers Weekly.

 

Le fait que l’on y vendra de la bière ou du vin pourrait apporter plus de clients, c’est certain : rien ne dit toutefois que ces derniers savoureront un vin californien avant d’acheter l’intégrale des œuvres de Mary Higgins Clark...

 

D’ailleurs, dans les cartons, il ne devrait pas se fermer plus de 12 librairies, déjà prévues et condamnées. Et surtout, dans l’intervalle, retrouver un PDG « plus tôt que tard », sans, toutefois, se précipiter. « Je suis plus que disposé à prendre le temps et faire les efforts nécessaires pour accomplir ce qui doit l’être », assure-t-il.

 

Diversifier l'offre, pas suffisant ?

 

C’est pourtant au cours de ce premier semestre que le libraire a décidé d’ouvrir ses portes aux auteurs autopubliés. Pour être plus précis, il est nécessaire qu’un ouvrage autopublié se soit vendu à 1000 exemplaires en version numérique l’année précédente pour qu’il soit éligible au programme de vente au sein des librairies Barnes & Noble, et à 500 exemplaires pour l’organisation d’un événement littéraire.

 

Or, selon les données de Bowker, l’augmentation des attributions de numéros d’ISBN a connu une hausse de 21 % en 2015 en regard de 2014. Une offre supplémentaire, qui selon les responsables de Bowker permet de diversifier les ventes pour un établissement. 

 

« Alors que le marché de l’autopublication est parvenu à maturité, la qualité du contenu et le format pour de nombreux titres est devenu impossible à différencier de ce qui est publié par des maisons traditionnelles », expliquait Beat Barblan, directeur des services ISBN chez Bowker. « Au cours des dernières années, le nombre d’auteurs indépendants entrés en tête des listes des meilleures ventes est devenu un indicateur clair de ce que les lecteurs ont adopté leurs œuvres. »