Troctribu : instaurer une relation de confiance, c'est essentiel

Clément Solym - 16.12.2009

Edition - Economie - troctribu - instaurer - relation


Voilà quelques jours, nous vous avons brièvement présenté un projet de troc en ligne destiné à faire échanger des « biens culturels » entre les internautes. Plus on propose de biens, plus on cumule de points et ces points permettent de demander un échange. En contrepartie, le détenteur du bien reçoit lui des points. Une logique somme tout efficace.

Contacté par ActuaLitté, Sébastien Touchais, l'un des fondateurs du site, qui sortira en janvier, nous donne plus d'explication sur le projet. Et avec étonnement, on se rend compte que loin des classiques tentatives Troc Tribu entend vraiment poser un contrat éthique avec les utilisateurs, mais également entre eux.

Pas de publicité

« Nous n'inclurons pas de publicités sur le site : TrocTribu n'a pas vocation pour le moment à gagner de l'argent, ni avoir de salariés. Cela viendra en son temps, probablement, mais aujourd'hui, nous lançons un projet pilote, qui pourra le rester durant un ou deux ans... » Seul l'abonnement de 9 € compte pour eux : « On se rend compte que lorsque le service est gratuit, les personnes se montrent moins sérieuses et assidues. Nous voulons réellement que les personnes s'impliquent. »


Et comment gérer les cas où une personne ne réagit pas à une proposition ou des envois 'égarés' ? Tout cela sera certifié en interne, mais la confiance doit primer. Si un utilisateur annonce n'avoir pas reçu un bien demandé, ses points ne seront pas débités. De même, un utilisateur qui refuserait un troc ne sera pas condamné. « Simplement, nous garderons un oeil attentif. Si les situations se répètent trop régulièrement, nous fermerons le compte en dernier lieu, mais ce n'est pas notre intention première. Il faut une entente cordiale et un bon déroulement des interactions. Une réelle relation de confiance, j'insiste. »

Respecter une relation de confiance

Des applications pour iPhone prévues ? « Pas pour le moment. La raison est simple : une application privilégierait un utilisateur particulièrement vigilant et techno-addicte. Au détriment de tata Michou qui ne consulte le site que quelques fois dans la semaine. La réactivité des possesseurs d'iPhone nous poserait alors un problème d'équilibre et de justesse. » Mince... mais ces gens sont vraiment honnêtes ? Dites, vous travaillez pour la Poste, non ? (Éclats de rire) « Non, absolument pas. Nous sommes vraiment des consommateurs décidés à proposer un service qui réponde à nos attentes. Et l'on a eu l'occasion d'être déçus par le passé. TrocTribu représente ce que nous aurions aimé utiliser... »

OK. Pas de soucis. Mais si je veux échanger des tableaux, par exemple ? « La législation française intervient. Une loi sur les oeuvres d'art nous empêche de permettre ces échanges. De même, nous avons ajouté une mention notifiant qu'à un livre est attribuée une valeur en points. Peu importe sa valeur financière : un exemplaire de Molière de 1700 aura autant de valeur qu'une édition d'Hervé Bazin en poche. Ou presque. » À l'avenir, un élargissement de la géolocalisation des échanges interviendra, avec une table de conversion en fonction des emplacements, mais tout cela reste encore en réflexion.

Et... les livres numériques, on pourra les échanger ? « Je reviendrai vers vous plus tard pour cela... »