Trois qualités essentielles du bon romancier selon Murakami

Julien Helmlinger - 04.09.2014

Edition - International - Haruki Murakami - Conseils d'écriture - Ecrivain


Aujourd'hui en France, est publié chez Belfond le nouveau roman d'Haruki Murakami, intitulé L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage. Un titre présenté comme le récit d'un rite initiatique à rebours d'un ingénieur austère vers sa paix intérieure, qui avait fait un véritable carton en librairies japonaises. Outre-Manche, est aussi annoncée pour le mois de décembre prochain la publication de The Strange Library, une nouvelle de 96 pages.

 

 

 

 

Le premier tirage du roman publié en français est ambitieux, avec 120.000 premiers exemplaires commercialisés à partir de ce jeudi 4 septembre. Bien que présentant quelques caractéristiques propres à la littérature de Murakami, avec, notamment, des passages oniriques, le livre serait toutefois plus sobre que 1Q84, résolument terre-à-terre, et même parfois dur à encaisser.

 

The Strange Library, nouvelle originalement publiée en 2008 au Japon et traduite en anglais par Ted Goossen, est annoncé pour le 2 décembre au Royaume-Uni. Le livre sera en librairies à temps pour Noël et dans une édition présentant des illustrations et du texte spécialement conçus pour l'occasion. L'histoire d'un écolier qui se rend à la bibliothèque, où tout ne se passe pas comme prévu.

 

En effet, le jeune protagoniste va se retrouver emprisonné en compagnie d'un homme-mouton semblant apprécier la dégustation de cervelle humaine et faisant d'excellents beignets, ainsi qu'une fille capable de parler avec ses mains. Alors que l'écolier ne sera pas en mesure de rentrer chez lui à l'heure pour le dîner, sa maman va évidemment s'en inquiéter...

 

Les trois qualités essentielles du romancier, selon l'auteur

 

Dernièrement nous avions vu que Murakami prenait ses passions extra-littéraires, et notamment la musique jazz, comme thèmes métaphoriques lorsqu'il s'agissait de décrire son art d'écrire. Dans son recueil d'essais intitulé What I Talk About When I Talk About Running, il confie notamment ce qu'il estime être les trois qualités essentielles du bon romancier. Celles du bon marathonien ?

 

Selon l'écrivain japonais, le bon romancier ne peut être sans cumuler du talent, de la concentration et de l'endurance. Le talent littéraire qu'il nous dépeint est inné, il ne s'achète ni ne s'enseigne. Comme ce talent est limité, la concentration doit permettre au bon romancier de se focaliser pleinement sur ce qu'il est en train de rédiger. Enfin, l'endurance seule lui permet de s'attaquer à une œuvre longue.

 

Si l'écriture était une sorte de sport, les mécanismes de concentration et de rédactions seraient ainsi les muscles à entretenir. Un véritable athlète du roman devrait en conséquence les mettre à l'épreuve au quotidien, et au moins trois ou quatre heures par jour. Sinon, il faudrait se limiter aux nouvelles. Après avoir publié 1Q84 en trois volumes, Haruki Murakami ne semble pas qu'un simple sprinter.