Trop démocratiques, des livres disparaissent des bibliothèques de Hong Kong

Clément Solym - 06.07.2020

Edition - Bibliothèques - Hong Kong censure - liberté Hong Kong - Chine censure livres


Les bibliothèques publiques de Hong Kong ont fait disparaître plusieurs ouvrages de leurs étagères. Motifs : ils diffusaient un message de personnalités trop favorables à la démocratie. Un mouvement qui fait craindre que la loi sur la sécurité nationale ne restreigne les libertés. Et que les discussions en cours ne tournent à l’eau de boudin.

Hong Kong - November 2011

 

Deux livres de l’activiste Joshua Wong, ainsi qu’un troisième de Tanya Chang, législatrice, ont été supprimés du catalogue. La bibliothèque de Hong Kong et d’autres établissements ne proposeront plus leur consultation, confirme un porte-parole du gouvernement. Et ce, en attendant un examen en profondeur de leur contenu. 

Les plus critiques assurent que la nouvelle législation accorde au gouvernement central de Beijing un pouvoir étendu. Cela, pour réprimer plus aisément toute dissidence sur le territoire chinois — incluant Hong Kong. Voilà déjà plus d’un an que des manifestations, parfois avec violence, ont lieu. 

Les habitants sont sortis de chez eux pour manifester contre les nouvelles législations en vigueur. Depuis fin 2018, ils craignent une érosion rapide de leurs libertés au sein de ce qui est pourtant un territoire indépendant de la Chine. 

Au point qu’un certain Boris Johnson entend faciliter l’installation de Hongkongais qui souhaiteraient s’exiler au Royaume-Uni, pour une période de cinq années. 

Dans ce contexte, la suppression de livres dans les bibliothèques ressemble à un étage de répression supplémentaire. La loi attaque en effet toute forme de subversion, de sécession ou de terrorisme — avec des peines allant jusqu’à la prison à vie. Évidemment, Beijing réfute toute critique et garantit que le territoire semi-autonome n’a rien à craindre.
 

La main-mise chinoise


Pourtant, l’entrée en vigueur la semaine passée — le 30 juin — n’aura pas attendu avant de faire des dégâts. Et les livres, des essais politiques sur la démocratie, deviennent logiquement les premières victimes. Pour Joshua Wong, le texte introduit bel et bien un « régime de censure comme sur le continent » et se concrétise avec cette interdiction des livres. 

Lorsque la Grande-Bretagne a rendu la souveraineté de Hong Kong à la Chine en 1997, certains droits devaient être garantis pour une période d’au moins 50 ans. L’accord était bien « un pays, deux systèmes ». Mais la loi sur la sécurité nationale représenterait bien une fin prématurée des droits alors promis. 

On parle pourtant de liberté d’expression, de réunion et d’un système judiciaire indépendant, qui étaient validés par les États. Et les partisans du texte assurent qu’il aidera à rétablir l’ordre, après plus d’un an de mobilisation. Donc, logiquement, de criminaliser toute forme d’opposition à Pékin. 

Dans les faits, la loi donne au parti communiste tous pouvoirs : procès à huis clos, écoutes téléphoniques et procès sur le continent de suspects présumés. Quant aux fournisseurs d’accès à internet, ils seraient amenés à fournir des données sur les utilisateurs, sur simple demande de la police.



via New York Times 

photo : Hong Kong - MojoBaron, CC BY SA2.0


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