Trop inexact, le président de la région Toscane modifie son dernier livre

Louis Mallié - 22.08.2014

Edition - Société - Riccardo Cardellicchio - Enrico Rossi - Toscane


Écrire un livre pour un homme politique n'est pas chose évidente. Et si le plus souvent l'ouvrage tient plus de l'opération de communication que de la littérature, l'auteur ne doit pas moins être rigoureux pour être crédible. Enrico Rossi, président de la région Toscane depuis 2011, aura échoué à l'examen. En effet, Il Tirreno rapporte que dans son livre Viaggio in Toscana, paru cette année chez Donzelli editore, celui-ci a commis plusieurs erreurs, repérées par le journaliste Riccardo Cardellicchio…

 

 

Enrico Rossi en 2010

Lucarelli, CC BY-SA 3.0

 

 

« Enrico Rossi, dans Viaggio in Toscana, décide d'écrire noir sur blanc le récit de ses voyages au sein des différentes réalités de la Toscane [...] et il y a des imprécisions inacceptables », s'est indigné le journaliste. « Dans livre on peut en effet, parmi d'autres inexactitudes, trouver celle-ci : "Ma pensée va vers le massacre que les nazis ont commis dans le courant de l'été 1944, tuant 174 civils, presque tous des partisans qui s'étaient retirés dans le marais de Pistoia et Florence afin de poursuivre la lutte pour la libération". »

 

Or, du chiffre précis à la nature des victimes, l'inexactitude de son propos pécherait… « Nous nous trouvons face à une erreur historique. Si ce n'est une ou deux victimes qui manquent  (le tribunal militaire de Rome a établi une liste de 176 victimes, qui figurent dans la sentence de mai 2011, par laquelle sont — inutilement — condamnés trois hommes de 90 ans), il suffit de parcourir la liste pour voir les âges. » Or, on constaterait que « les victimes furent avant tout des femmes, d'enfants, vieux et jeunes réticents aux services militaires. »

 

Le but était simple : « Créer la terreur chez les réfugiés pour s'éviter les problèmes lors de la retraite. » Aussi le journaliste insiste : « Rien à voir avec les partisans. » Ainsi : « Il ne serait pas déplacé que Rossi demande pardon pour son erreur, aux familles des victimes », conclut-il. Enrico Rossi a effectivement répondu en s'adressant à la journaliste. « Les faits sont tels que tu les racontes. Je demande pardon pour mon erreur, et particulièrement aux familles des victimes. Ma priorité sera de faire corriger cela dans la prochaine réimpression de l'ouvrage. » 

 

« La gauche doit avoir à cœur de commettre des erreurs historiques », a commenté ilgiornale. En effet, l'actuel président du conseil Matteo Renzi a beau parcourir les librairies, le journal rappelle que dans son ouvrage Stil novo, évoquant la bataille de Gavinana de 1530, qui se situe dans la région de Pistoia, il avait alors confondu le théâtre des affrontements, avec le quartier éponyme de Florence...