Trop souvent comparé à Xi Jinping, Winnie l'Ourson a été censuré en Chine

Laurène Bertelle - 17.07.2017

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C'est un grand pays qui a peur d'un personnage de livre pour enfants : la Chine a décidé de bannir les références à Winnie l'Ourson sur ses réseaux sociaux, car les internautes semblaient s'amuser à comparer le petit ours au président de la Chine, Xi Jinping. Au-delà d'un manque d'humour et d'autodérision certain de la part des autorités, c'est une atteinte à la liberté d'expression que commet une nouvelle fois la Chine, quelques mois avant le 19e Congrès du parti communiste. 




 

Winnie l’Ourson serait-il dangereux ? C’est ce que semblent penser les autorités chinoises, qui ont décidé de censurer les références au personnage sur les réseaux sociaux. Ainsi, sur la plateforme Weibo (équivalent chinois de Twitter), les messages mentionnant Winnie l’Ourson ont été censurés et remplacés par le message « contenu illégal », et sur WeChat, les stickers de l’ourson ont été supprimés de la galerie de stickers, a révélé le Financial Times

 

Les autorités chinoises n’ont pas justifié officiellement leur décision, mais ce n’est pas la première fois que Winnie l’Ourson fait polémique en Chine. La raison ? Les internautes ont pris l’habitude de s'amuser en associant le personnage au président Xi Jinping. 

 

La comparaison entre Xi Jinping et Winnie l’Ourson ont commencé en 2013 : sur un montage posté sur la plateforme Weibo, une photo du président de la Chine aux côtés de Barack Obama est comparée à une deuxième de Winnie l’Ourson et Tigrou. 

 

 

Malgré la censure des autorités à l’époque, la photo était devenue virale. En 2014, c’est une photo de Xi Jinping et du Premier ministre Shinzo Abe qui est tournée en dérision. Enfin, en 2015, une image de Winnie l’Ourson dans une voiture, apposée à une photo de Xi Jinping dans la même situation, devient l’image la plus censurée de l’année en Chine.

 

 

Si ces publications paraissent anodines, innocentes et inoffensives, le gouvernement chinois les perçoit toutefois comme une menace. Cette censure pourrait notamment être liée à l’approche du 19e congrès du parti communiste cet automne, lors duquel des nominations politiques clés seront annoncées.


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Le Financial Times ajoute que la censure de certains mots est courante lors des gros événements politiques chinois, mais qu’ils sont généralement directement liés. Le mot « RIP » a par exemple été interdit sur Weibo après la mort, le 13 juillet dernier, du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo, emprisonné en Chine depuis 2009.