Trouver un éditeur : après la négociation, l'euphorie de la signature

David Pathé Camus - 14.10.2019

Edition - Société - agent littéraire métier - négociations contrat édition - trouver éditeur auteur


DOSSIER – Pour mieux comprendre les étapes qui sépareront l’écriture d’un livre de sa publication par un éditeur, David Pathé-Camus détaille les actions et interventions de l’agent littéraire. Figure méconnue de l’édition, ce dernier a pour responsabilité de rendre les échanges plus simples, en représentant les interlocuteurs. Et quand tout s’est bien passé, le contrat peut alors se signer.
 

 

Une fois la négociation terminée, l’agent transmet l’offre (ou les meilleures offres) à son client. Il lui en présente les caractéristiques – quelle maison d’édition, quel éditeur, éventuels liens privilégiés avec un éditeur poche, distribution-diffusion, historique, image de marque, respect des délais et des conditions émises au contrat, qualité et régularité des redditions de compte, etc. – et émet une recommandation. 

Il peut arriver que la meilleure offre sur un plan financier ne le soit pas sur un plan éditorial.
 

Le choix de l'éditeur et de son engagement


Je me souviens ainsi d’un éditeur ayant envoyé — pour tel livre — une offre où seuls l’à-valoir et le pourcentage étaient indiqués, quand un autre éditeur avait fait (pour le même livre) une plus petite offre, mais expliquant en détail comment il souhaitait publier l’œuvre, avec quels partenaires, quelle campagne promotionnelle, etc. Ce dernier avait bien sûr eu notre préférence. 

Quoi qu’il en soit, seul le client est en capacité d’accepter ou de refuser l’offre. L’agent n’a pas la signature. 

Le client peut avoir quelques questions à poser à l’éditeur — notamment s’il s’agit d’un éditeur avec lequel il n’a jamais travaillé auparavant —, mais une fois ces détails réglés, et l’offre approuvée par le client, l’agent annonce la bonne nouvelle à l’éditeur : « Votre offre est acceptée par l’auteur. » 

C’est un moment particulièrement heureux. 

Car si l’édition est un commerce, c’est aussi une affaire de plaisir. On oublie trop souvent qu’un éditeur est aussi un lecteur. Certes, son offre est toujours soumise à des facteurs économiques (« combien ça va me coûter ? », « combien ça peut me rapporter ? »), mais il n’est pas rare qu’il la fasse, tout simplement, parce qu’il « adore » le livre qu’on lui a présenté. 
 

Enfin, la famille est réunie...


L’œuvre n’est pas encore parue, mais elle a désormais tout pour descendre dans l'arène. Potentiellement, c'est un succès – on ne peut pas s’empêcher de rêver –, et nous éprouvons tous une joie intense. Ces moments, extrêmement forts, expliquent en partie pourquoi j’aime autant ce métier : nous (auteurs, agents et éditeurs) prenons et partageons des risques (financiers et artistiques) pour qu’une œuvre voie le jour et soit lue par le plus grand nombre.

À ce stade, et alors qu’on n’a pas encore signé le contrat, le deal est annoncé publiquement — sur les réseaux sociaux et/ou professionnels. 

Le travail de cession des droits à l’étranger et audiovisuels prend un nouveau souffle, et l’auteur commence à travailler avec son éditeur. De son côté, l’agent transmet les caractéristiques de l’offre à son service juridique (quand il a la chance d’en avoir un), qui s’attelle à la rédaction du contrat. 



 
L’usage veut que l’on utilise le modèle de contrat du vendeur — soit celui de l’agent, soit celui de l’agent même, soit celui des éditeurs ou agents étrangers qu’il représente. L’agent continue d’exercer sa vigilance, certaines maisons d’édition ayant la fâcheuse tendance de vouloir modifier au contrat les conditions négociées et approuvées en amont par chacune des parties.

D’où l’importance de faire approuver par l’éditeur la totalité des caractéristiques de son offre avant de la transmettre à son client puis au service juridique.
 

Un contrat de mariage


En ce qui concerne le contrat d’édition, j’ai coutume de dire qu’il n’en existe pas plus de « modèle type » qu’il n’y a de « bulletin de vote type ». Des ajustements, à la marge, sont encore possibles, mais on ne revient pas sur l’essentiel. Les lecteurs intéressés par les contrats se reporteront à ce petit guide pratique, établi par la SGDL.

Une fois le contrat signé, vient le moment du paiement de la première partie de l’à-valoir à l’auteur. L’agent étant responsable de la collecte et de la redistribution des sommes dues à ses clients, l’éditeur versera la première partie de l’à-valoir à l’agent, qui la reversera ensuite à son client après avoir prélevé sa commission. 

Lorsqu’un agent travaille en direct pour un auteur, sa commission est de 15 % pour toutes les cessions effectuées sur le territoire national, 20 % pour celles réalisées à l’étranger. Ces honoraires sont soumis à une TVA de 20 % (il s’agit d’un service). 

Alors commence pour l’agent l’autre moitié de son travail : veiller à ce que — durant toute la durée d’exploitation de l’œuvre telle que négociée par lui — l’éditeur honore ses devoirs et obligations. 

Ce n’est, hélas, pas toujours le cas. Les éditeurs ayant comme tout un chacun leur face sombre. 

 
Prochain article : « La face sombre des éditeurs »

 
Précédemment : Ce qu'il adviendra des droits cédés


Dossier - Profession : agent littéraire, un métier mal connu


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