Truquer les listes de best-sellers : un auteur épinglé pour avoir acheté son propre livre

Clément Solym - 22.07.2020

Edition - International - liste best sellers - auteurs truquer listes - achats propre livres


Bien mal acquis ne profite jamais, tout particulièrement quand il s’agit d’honorables classements des meilleures ventes de livres. Mark Dawson avait tenté de flouer la comptabilité du très british Nielsen BookScan. Il vient de prendre un revers de flamme — au moins a-t-il savouré son quart d’heure warholien de gloire.


 

Le principe était simple : acheter 400 exemplaires de son propre ouvrage pour les revendre. Mais surtout faire grimper les ventes de son livre, pour passer de la 13e place du classement au top 10. Pari remporté pour Mark Dawson, dont le livre The Cleaner figurait alors dans le top du Sunday Times…

L’affaire fut rapidement relayée dans la presse, mais posait alors un sérieux problème à l’entreprise onéreuse qui facture aux médias cette fameuse liste. Nielsen, interrogé par le Bookseller, a fini par conclure que les ventes faussées par cet achat personnel « ne répondaient pas aux critères ». De la sorte, un recalcul est opéré, et le Sunday Times publiera un correctif prochainement.

« Dans les circonstances actuelles où existent des moyens alternatifs pour réaliser des ventes, nous devons surveiller et évaluer de nombreux cas, individuellement. Et nous nous excusons qu’à cette occasion, nous ayons mal interprété les intentions de cette transaction. »

Les éditions Welbeck, qui avaient vu le titre bondir, assurent comprendre le rectificatif apporté par Nielsen. 

De fait, Dawson avait eu l’idée d’acheter des exemplaires de son ouvrage pour les revendre à l’étranger — hors du marché britannique. En tout, il aura commandé 400 exemplaires de son livre, pour un total de 3600 £. Et abouti à la 8e place du classement.

Pour son éditeur, tout cela est regrettable, et le choix de l’auteur répondait simplement aux demandes d’exemplaires de fans un peu partout dans le monde. 

Le romancier, pour sa part, ne cache pas sa déception : 
 


« Si j’avais eu l’intention de jouer avec le système, j’aurais acheté 10.000 exemplaires, je me serais assis dessus pour toujours et je serai alors numéro 1. (Je n’en aurais pas non plus parlé sur un podcast populaire). » Probablement pas…

Ou alors faut-il prendre en compte l'orgueil piqué au vif de Nielsen ?

crédit photo : Clker-Free-Vector-Images


Commentaires
Comme il semble impossible au monde de l'édition de publier en temps réel les ventes d'ouvrage en 2020 (alors qu'on est capable d'analyser la collision de particules indécelables au microscope électronique), il parait normal que de telles « dérives » arrivent...

Le jour où les ventes, comme la répartition en bibliothèque, sera visible (au moins des auteurs... et pourquoi pas du grand public), la transparence aura fait un grand pas un avant...

Et sans doute les finances des auteurs aussi, ce qui explique sans doute la réticence de certains (quasi tous), à jouer le jeu.

« Montre-moi comment tu agis et je te dirais ce que tu penses ».
Belle démonstration! C'est appliquer à l'édition ce qui s'est longtemps pratiqué dans l'industrie du disque. Mais acheter 10000 exemplaires qu'on ne vendra jamais ("sat on them forever"), c'eût été du compte d'auteur un peu chérot. Les outils de suivi des ventes en temps réel au XXIe siècle numérique existent, mais il ne sont pas à la portée – financière et tout court – d'un particulier, fût-il auteur.
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