Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Tu es mort : un polaroid sème le trouble autour du livre de Jack Lance

Nicolas Gary - 07.11.2013

Edition - Les maisons - Jack Lance - polaroid - menaces de mort


La semaine passée, un courrier posté dans une enveloppe noire, le tout écrit au tippex, avec la mention personnelle, est arrivé dans plusieurs rédactions, mais également chez des libraires. La lettre contenait un simple polaroïd, qui n'a pas manqué d'intriguer. Sur le polaroïd, on pouvait lire « Tu est Mort », en lettres de feu, sur un fond noir. Un ensemble assez stressant.

 

 

 

 

Il fallait quelques secondes de recul pour comprendre que l'on assistait là à une opération de teasing plutôt bien orchestrée. Et, en faisant le tour des journalistes, libraires, et même éditeurs, la ruse était rapidement évincée. Pour la promotion du nouveau roman de Jack Lance, l'éditeur avait décidé de mettre le lecteur dans la peau du personnage principal.  

Sa phobie du feu mise à part, Jason Evans mène une existence tranquille. Il vit dans les collines de Santa Monica, son travail de publicitaire lui plaît et il possède en Kayla une femme qu'il chérit.
Mais ce bel équilibre vole en éclats le jour où il reçoit au bureau une première lettre anonyme, en fait un simple Polaroïd représentant un cimetière, au dos duquel il lit ce message : " Tu es mort. " Peu de temps après, il reçoit chez lui une deuxième photo, accompagnée de ce message : " Tu crois être vivant, mais tu n'existes pas... " Puis il trouve sur son paillasson un autre Polaroïd montrant une pierre tombale : " 18 août : jour de ton décès. " Cela signifie-t-il qu'il lui reste un mois à vivre ? Le corbeau et l'homme qui a percuté de nuit leur voiture les envoyant, Kayla et lui, finir leur course contre un arbre ne font-ils qu'un ? Pourquoi lui en voudrait-on ? Et surtout qui ?
L'angoisse gagne Jason, qui n'a plus qu'une idée fixe : trouver la pierre tombale qui figure sur le cliché afin de démasquer celui qui lui en veut...

 

« Tu crois être vivant, mais tu n'existes pas », souligne la couverture du roman, et Jérôme Pescheux, l'éditeur, explique que sa campagne de communication « n'avait rien de gratuit. C'était fort et assez inédit, mais nous sommes au coeur même du livre. le personnage de Lance, Jason Evans, est un publicitaire américain qui va recevoir une lettre anonyme, sur laquelle il lit ‘TU ES MORT'. Evidemment, pour attirer l'attention des journalistes comme des libraires, on avait là un outil tout disposé ».

 

L'opération de communication, évidemment, sur fond d'humour noir, le message n'est pas toujours très bien passé : 

 

 

 

L'éditeur reconnaît avoir reçu des emails de personnes destabilisées par ce polaroïd. « Nous n'avons, à aucun moment, eu l'intention de blesser ni d'effrayer. Et si cette campagne a pu choquer des lecteurs, nous leur présentons toutes nos excuses. »

 

Une agence de communication spécialisée dans le marketing nous explique que « l'opération est effectivement audacieuse. Et nécessairement un peu risquée, de ce point de vue. S'il faut simplement considérer que l'intention était d'attirer l'attention sur le livre, c'est d'une certaine manière réussi ». Mais hors micro on hésite tout de même : « Non, il n'est pas certain que nous l'aurions proposé à un client... »

 

C'est Pierre Desproges qui aura, une fois de plus, le dernier mot : « On peut, on doit rire de tout. » Mais avec tout le monde, c'est compliqué.  

 

Tu es mort !, sur Chapitre.com