Tunisie et Egypte : un vent de libération et la page tourne

Clément Solym - 01.03.2011

Edition - Société - tunisie - egypte - censure


Le régime de Ben Ali est tombé, celui de Moubarak n'a pas connu mieux, et ce qui aujourd'hui laisse respirer les libraires, ce n'est pas, petits malicieux, l'accès gratuit à Livreshebdo.fr pour trois mois. Non, c'est la fin de la censure et la liberté de lire.

C'est que les dirigeants avaient mis en place une forte répression, notamment sur des ouvrages qui touchaient aux personnes proches du pouvoir. Pour preuve, le livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet, la Régente de Carthage, livre critique sur la famille de l'ancien président Ben Ali - et plus particulièrement sur son épouse - est désormais en libre vente.


D'autres ouvrages ont retrouvé la voie des étals, confirme le Guardian.

Alexis Krikorian, directeur de Freedom to Publish, un programme de l'International Publishers Association, explique que la présence de ces livres dans les librairies est un très fort signe d'évolution en Tunisie. Une excellente nouvelle qui ne se heurte en effet plus à l'ancien régime. La procédure de dépôt légal en vigueur durant le règne de Ben Ali avait pour coutume de bloquer l'arrivée des livres devant les imprimeries, de sorte que ceux-ci ne sortaient finalement jamais.

On peut y découvrir le livre d'Omar Khlifi, L'assassinat de Salah Ben Youssef, ouvrage politique important, sur la mort du ministre de la Justice, en 1961.

La situation est la même en Égypte, où des témoignages attestent que des ouvrages anciennement censurés fleurissent maintenant. L'éditeur Saqi Books qui publie Salwa Gaspard a en effet sorti des caves où les livres étaient dissimulés son catalogue d'ouvrages interdits.

Reste que la question se pose de savoir si cet engouement pour la commercialisation d'ouvrages jusqu'à lors interdits s'accompagnera d'une créativité nouvelle auprès des auteurs - et d'un développement réel de la liberté d'expression.