Turquie : écrire sur le meurtre de Hrant Dink vous expose à des menaces

Clément Solym - 08.02.2011

Edition - Société - turquie - Hrant - Dink


On pourrait dire que c’est une bien triste règle que celle qui s’applique en Turquie autour de l’affaire de l’assassinat du journaliste turque Hrant Dink le 19 janvier 2007. En effet, à chaque fois que l’un de ses confrères s’attèle à l’écriture d’un livre autour de ce meurtre, il ne manque pas de se faire inquiéter par de lourdes menaces de mort.

Si Hrant Dink, turc d’origine arménienne, a été tué par un nationaliste turc âgé à peine de 17 ans, l’affaire fait toujours grand bruit et nombreux sont les intellectuels du pays à penser que de hautes autorités sont mouillées dans ce meutre.


Dernier livre en date sur l’affaire, celui du journaliste Adem Yavuz Arslan : Il y a cet Arménien : les secrets de l’opération Dink. Après avoir reçu à son domicile notamment des balles de kalachnikov, ce journaliste ne se laisse cependant pas intimidé.

Protégé désormais par un service personnel de sécurité, il opère dans son ouvrage des rapprochements troublants entre le meutrier de Hrant Dink et un certain Satilmis Sahin, sous-officier de la gendarmerie de Trabzon. De là à penser que des officiers seraient mouillés dans l’affaire, il n’y a qu’un pas.

Aux côtés de différents journalistes qui enquêtent toujours sur cette affaire, l’association Reporters sans frontières dénonce également les lenteurs de la justice turque.

Depuis quatre, on semble rester au point mort. Pourtant, si des menaces retombent sur chaque journaliste qui vient fureter autour de cette affaire, c’est bien la preuve que ces derniers soulèvent toujours au passage quelques pierres que certains aimeraient bien garder au sol.