Turquie : les membres de l'Ergenekon lourdement sanctionnés

Clément Solym - 06.08.2013

Edition - Justice - Turquie - Ergenekon - condamnation


Les membres du réseau putschiste Ergenekon viennent d'écoper de lourdes peines de prison, avec 16 condamnations de prison à vie, suite au verdict rendu par la justice turque. S'il fallait partir à la chasse aux sorcières, au moins ne les a-t-on pas brûlées après les avoir désignées d'office. 

 

 

 

Mustafa Balbay, journaliste et écrivain

 

 

C'est à l'ouest d'Istanbul, dans la ville de Silivri que les différents acteurs ont entendu leurs peines de réclusion formulées. On compte notamment l'ancien chef de l'État-major, Iker Basbug, qui écope d'une condamnation à vie, mais ce dernier assure être en accord avec ses convictions, espérant que le peuple saura en finir avec ce type de comportement arbitraire. 

 

Parmi les victimes de cette justice, on trouve d'autres militaires, des policiers, mais également des journalistes, comme Mustafa Balbay, qui est aussi auteur, largement soutenu par le Pen International, association réunissant des auteurs et des professionnels de l'édition. Le président local Tarik Günersel, évoque « un scandale », quand l'éditeur norvégien, Wiliam Nygaard, dénonce une décision politique.

 

« Les peines prononcées montrent que la Turquie ne respecte pas les droits de l'homme », précise-t-il, sans cibler simplement Mustafa Balbay. Il n'est pas compliqué de voir que cette décision représente un abus de pouvoir, et que le procès n'est qu'une farce, mise en scène par le gouvernement.

 

Présent dans la salle au moment du verdict, il déplore la volonté politique d'encadrer les critiques que formulent les laïcs. « Il est important que la Norvège s'intéresse officiellement à ce sujet, et commence à regarder la Turquie avec un oeil plus critique. » (via aften Posten)

 

En tout, ce sont 275 accusés (avocats, journalistes, officiers, politiciens), dont 66 étaient déjà en détention provisoire, qui sont en procès depuis octobre 2008. La procédure avait pour vocation de démasquer des complots visant à détruire le gouvernement islamo-conservateur en Turquie.

 

Rappelons que le mois de juin a été terrible pour le pays, avec les événements liés au parc Gézi, qui ont occasionné de violentes vagues de répressions, organisées par les forces de l'ordre. De la même manière, Silivri était sous haute surveillance durant ce procès