Le marché du livre turc, des "opportunités" sous-estimées

Julie Torterolo - 29.09.2015

Edition - Metin Celâl - marché du livre - Turquie


Interrogé par Publishing Perspective, Metin Celâl, éditeur d’une petite maison d’édition turque, Parentez Publishing, et président de l’Association turque des éditeurs, revient sur la situation de l’édition dans son pays. Pour lui, le marché du livre turc laisse une place de choix aux petits éditeurs, et reste trop souvent sous-estimé par les éditeurs étrangers.

 

Le stand de la Turquie au Salon du Livre de Paris 2015

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

La maison d’édition turque, Parentez Publishing, a été fondée en 1990 par trois humoristes turcs. Fondée pour imprimer un magazine intitulé Deli, la structure se lance très vite dans l’édition de livres et publie désormais plus de 400 titres. « L’humour est un genre largement lu en Turquie, nous avons donc eu un certain nombre de best-sellers », explique Metin Celâl à Publishing Perspective

 

Une rentabilité et une réussite qui peuvent s’expliquer par les possibilités qu'offre le marché du livre turc. Selon le journal, l’impression et la distribution de livres du pays sont « relativement modestes, avec des tirages moyens de 1500 à 2000 exemplaires par titres », laissant donc la place à des petits éditeurs. Une fois n’est pas coutume, certaines œuvres peuvent cependant s’écouler à plus de 100.000 exemplaires ou même dépasser les 750.000 — ce qui représente néanmoins une exception en Turquie. Et qui n'est pas non plus dans les habitudes françasies cela dit.

 

En avril dernier, l'agence statistique de Turquie, la TÜİK, relevait également que l'année 2014 connaissait une importante hausse des publications dans le pays, tous formats confondus. 50.752 titres ont été publiés l'année dernière, dont 5245 titres au format numérique, une hausse de 128 % par rapport à 2013.

 

Des mythes sur le pays à revoir

 

Une autre caractéristique de l’édition turque est alors soulignée : 40 % des titres publiés dans le pays sont des traductions, et 90 % d’entre elles sont des traductions de l’anglais vers le turc. « Et si les pays anglo-saxons dominent la discussion, la Turquie travaille également en étroite collaboration avec l’Allemagne, la France et l’Italie », précise Metin Celâl au journal américain. 

 

L’éditeur explique alors qu’il y a pourtant des opportunités à saisir dans le marché turc, notamment pour la lecture jeunesse. 51 % du marché du livre concerne en effet les livres et ouvrages éducatifs. « Les premiers lecteurs dans le pays ont entre 7 et 14 ans, c’est un segment en croissance rapide », explique Metin Celâl. « Il est important pour tout éditeur qui cherche à travailler en Turquie de le prendre en considération »

 

Enfin le président de l’Association turque des éditeurs, déplore que les éditeurs étrangers « ne connaissent pas les écrivains à succès remarquables » de son pays.

 

« Il y existe une idée selon laquelle les gens ne lisent pas en Turquie, et nous entendons souvent des journaux étrangers qui relatent que le nombre de livres produits est de 1 pour 10 000 habitants, alors qu'une étude sérieuse montre les gens lisent beaucoup en Turquie. Nous espérons que lors des prochaines réunions à Francfort et ailleurs, nous pourrons aider à apporter plus d’attention à la richesse et les opportunités qu'auraient les éditeurs mondiaux de travailler avec l’industrie de l’édition turque », conclut-il. 




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