Twitter détourne les enfants de la lecture de romans

Clément Solym - 27.07.2011

Edition - Société - jeunes - lecture - communication


Il ne suffisait pas d'Umberto Eco pour proposer la publication d'une nouvelle version du Nom de la Rose, allégée, pour les nouvelles générations. Et que l'éditeur français, Grasset publiera, évidemment. Il faut aussi que les auteurs primés fassent des commentaires désobligeants...

C'est ainsi que Dame Stella Rimington vient de mettre un coup de fusil, quoi de plus prévisible, pour cette ancienne chef du MI5, les services secrets anglais. Selon elle, les communications électroniques suppriment le goût de la lecture et le plaisir des livres. Et c'est forte de son titre de jurée au Man Booker Prize qu'elle peut désormais tenir ce type de discours.

« Je pense que la plupart des gazouillis [NdR : ou tweets], des emails et des SMS et de toutes ces choses dans lesquelles se précipitent les enfants peut détourner leur regard de la lecture de fiction. Quand j'étais jeune, nous lisions bien davantage qu'un enfant moyen d'aujourd'hui. »

Couplé entamé du 'C'était mieux avant', toujours très rapidement suivi du 'C'est aux enseignants de parvenir à trouver des moyens d'inculquer le goût de la lecture aux enfants'. Et ça ne rate évidemment pas.

L'auteure ajoute toutefois, dans son entretien, que les lecteurs ebook pourraient « aider à inverser l'actuelle tendance ».

Et il en irait de même avec les tablettes qui sont définitivement entrées dans la mode.

Stelle reste confiante : d'ici un siècle, les gens achèteront toujours des oeuvres de fiction. Et si Twitter est un outil de distraction qui éloigne des romans, la consommation ne changera pas pour autant.

Le Man Booker Prize vient de dévoiler sa première sélection longue, et les candidats retenus pour la short liste seront dévoilés le 6 septembre.