UBS doit libérer Kafka : sors de ces coffres bancaires !

Clément Solym - 19.07.2010

Edition - Justice - archives - kafka - coffre


Kafka revient ! De profundis, camarade ! En effet, plusieurs manuscrits et dessins de Franz vont être retirés des coffres de la banque suisse UBS, alors que l'on navigue en plein micmac juridique sur les droits de propriété et de succession. Dès aujourd'hui, quatre coffres-forts dans lesquels reposent les oeuvres du romancier doivent à être ouverte, après plus de 50 années de repos silencieux.

Pourtant, UBS refuse de faire le moindre commentaire, alors que dans le même temps, deux banques de Tel-Aviv ont reçu l'ordre d'un tribunal israélien d'agir de même.

Bien évidemment, cette affaire est à rapprocher de celle qui s'éternise depuis quelque temps maintenant, puisqu'au centre de ces demandes, on retrouvera les soeurs Hoffre, qui avaient reçu de leur mère, Esther, la succession des oeuvres de Kafka. Cette dernière, secrétaire de Max Brod, un ami très proche de l'écrivain, lui avait confié les archives de Franz qui souhaitait qu'elles soient brûlées après sa mort.


Pourtant, Max a préféré ignorer la demande de Kafka et a décidé non seulement de conserver les archives, mais également de les donner à Esther par la suite.

Et dans le même temps, puisque Max Brod avait émigré en Israël en 1939, fuyant le régime nazi, l'État estime qu'aujourd'hui, ces oeuvres sont sa propriété. Et tente désespérément de les récupérer auprès des deux soeurs, qui sont en procès. Le dernier rebondissement de cette histoire ne manque d'ailleurs pas d'imagination.

On attend donc l'ouverture avec impatience des quatre coffres de la banque zurichoise, qui doit intervenir dans la fin de matinée. Toute une batterie d'avocats armés d'une ordonnance du tribunal de Tel-Aviv doit actuellement être sur le pied de guerre : les coffres renferment très probablement des milliers de lettres, journaux, croquis et autres feuillets du romancier, ainsi que sa correspondance avec Max Brod.

Une collection estimée à des centaines de milliers d'euros, mais dont la valeur marchande est bien sûr sans comparaison face à l'héritage littéraire que ces archives représentent.

Après examen par des experts de ces textes, le juge décidera si les documents peuvent être renvoyés à la banque ou doivent être transférés aux archives publiques...