Affaire Uderzo : Père et fille réconciliés, un non-lieu rendu à Versailles

Antoine Oury - 26.09.2014

Edition - Justice - Affaire Uderzo - réconciliation - abus de faiblesse


Contre toute attente, les péripéties judiciaires autour d'Albert Uderzo et de la gestion de son patrimoine et de sa fortune se seront résolues par une réconciliation entre le créateur d'Astérix et sa fille, Sylvie Uderzo. Un très bref communiqué a été publié ce matin par l'AFP, rendant compte du non-lieu prononcé par la Cour d'appel de Versailles suite à plainte de Sylvie Uderzo déposée contre X pour abus de faiblesse à l'encontre de son père.

 

 

Exposition Astérix à la BnF

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Les questions soulevées par cette plainte, et longuement détaillées dans un ouvrage de Bernard de Choisy, époux de Sylvie Uderzo, publié cette année chez Michalon, concernaient l'entourage d'Albert Uderzo, et l'influence qu'il aurait pu exercer sur la gestion de son œuvre et de son patrimoine dès 2007. L'éviction de sa fille des éditions Albert René cette même année, mais également la vente de la maison et des droits d'exploitation d'Astérix à Hachette Livre, étaient longuement évoquées dans La loi des seigneurs, le livre de Bernard de Choisy.

 

En décembre 2013, un premier non-lieu était déclaré par la Cour de Nanterre vis-à-vis de la plainte pour abus de faiblesse déposée par Sylvie Uderzo. La fille du créateur avait alors fait appel à Versailles, tandis que son mari révélait des soupçons d'impartialité à l'encontre du parquet de Nanterre, toujours dans La loi des seigneurs.

 

Finalement, la Cour d'appel de Versailles aura elle aussi rendu un non-lieu par rapport à la plainte de Sylvie Uderzo, mais l'impact de la nouvelle aura été amoindri par l'annonce d'une réconciliation entre le père et sa fille. « Le dessinateur d'Astérix, Albert Uderzo, et sa fille ont annoncé vendredi dans un communiqué qu'ils s'étaient réconciliés et mettaient fin aux différentes batailles judiciaires qui les opposent depuis plusieurs années », assure l'AFP dans son communiqué.

 

Autrement dit, aucune suite ne devrait être donnée au non-lieu de Versailles, tandis que la plainte pour violences psychologiques déposée par Albert Uderzo et son épouse à l'encontre de Sylvie Uderzo et Bernard de Choisy est de toute évidence abandonnée. Elle devait être examinée le 6 janvier 2015 à Nanterre.

 

Pour le moment, aucune précision n'a été dévoilée quant aux conditions de la réconciliation, notamment sur la réintégration de Sylvie Uderzo et de son mari au sein des équipes des éditions Albert René, désormais propriété de Hachette Livre.

 

Par ailleurs, une plainte pour faux témoignage avait été déposée contre le comptable du créateur, et une enquête s'était ouverte en octobre 2013. Difficile de savoir, pour le moment, si cette procédure est elle aussi abandonnée.

 

En juin 2014, Sylvie Uderzo expliquait à l'AFP qu'un droit moral, en tant qu'héritière, suffirait à faire cesser les actions en justice : « Je suis tombée dans la marmite depuis mon enfance, j'ai travaillé pendant 20 ans avec mon père, je suis fille unique. J'estime être tout à fait légitime pour conserver un droit de regard. »

 

 

Affaire Uderzo : Père et fille réconciliés, un non-lieu rendu à Versailles, par Johann Kuder

Par Johann Kuder, du Cesan (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)