UK : Des auteurs au Parlement pour une éducation au copyright

Antoine Oury - 09.07.2014

Edition - Société - copyright - House of Commons - Royaume-Uni


Un peu partout dans le monde, le piratage, ou partage illégal, est devenu un sujet au moins aussi préoccupant que le SIDA. Et, comme le virus, les solutions pour le combattre n'ont pas vraiment été couronnées d'efficacité. Un groupe d'auteurs a été reçu au sein de la House of Commons, chambre basse du Parlement britannique, pour proposer l'éducation à la place de la répression.

 

 

(Christopher Dombres, CC BY 2.0)

 

 

Un peu comme Hadopi en France, la Couronne britannique a mis en place une politique de réponse aux infractions, notamment avec l'envoi d'emails d'avertissement, avant la mise en place de sanctions. Cependant, « réponse » signifie bien que l'infraction a déjà été commise, et les auteurs ont invité les parlementaires à revoir leur politique en la matière.

 

Joanne Harris, qui avait notamment vu ses revenus exploser avec l'adaptation de Chocolat au cinéma, a interpellé les parlementaires sur les baisses alarmantes des revenus des auteurs britanniques. Elle a souligné que les actions de sensibilisation devraient se recentrer « sur l'humain » : en somme, a-t-elle développé, faire comprendre aux individus que tout le monde n'est pas J.K. Rowling, et que chaque vente, dans cette perspective, permet à l'auteur de manger un peu mieux.

 

« Les auteurs et les créateurs doivent aller dans les écoles. Montrer aux enfants à quoi ressemble un auteur, son rôle dans la communauté, les liens qu'il peut créer avec les gens, leur faire comprendre que nous avons des enfants, des factures à payer, nous ne sommes pas simplement des gens qui croulent sous l'argent d'Hollywood parce que nous avons écrit un jour une histoire sur un sorcier », a-t-elle lancé.

 

Elle a qualifié les pirates de « Robin des Bois », qui penseraient voler aux riches (i.e., les auteurs) afin de redistribuer aux pauvres.

 

La poète Wendy Cope, Officier de l'Ordre Britannique comme Joanne Harris, est également intervenue pour réclamer des enseignements dispensés aux élèves, sur le copyright. « Il y a un grand besoin d'éducation, parce que beaucoup de gens ignorent complètement ce qu'est le copyright », a-t-elle soutenu. « Ces gens qui me disent qu'ils ont photocopié un de mes poèmes pour l'envoyer à tout leurs amis sauront qu'ils ont enfreint la loi », conclut-elle.

 

Bon, personne ne les a prévenus que l'envoi de mails était un peu plus efficace que la photocopie, mais l'idée d'une éducation qui se substituerait aux simples publicités ou répressions semble faire son chemin.