UK : Le marché de la fiction en berne, malgré les ventes d'ebooks

Nicolas Gary - 24.07.2013

Edition - Economie - ventes d'ebooks - fiction - royaume-uni


Le dernier rapport de la firme Nielsen portant sur les données de Kantar Worldpanel, et étudiant les données de ventes de livres numériques pour le Royaume-Uni, donne un aperçu du rythme d'adoption de ce format dans le pays. Le comportement d'achat des consommateurs suite à l'achat de leur premier ebook est passé en revue. Quelques faits saillants sont à retenir.

 

 


 

 

D'abord, les projections, boule de cristal à l'appui : la fiction sera plus achetée en version numérique qu'en format poche pour l'année 2014, selon les données relevées par Kantar dans son enquête, Understanding the E-book Consumer Today. 

 

À ce jour, les estimations de Nielsen pour l'année prochaine établissent que 47 millions d'exemplaires seraient vendus dans le domaine de la fiction, en format numérique. Ce qui signifierait 300.000 exemplaires de plus qu'en format poche, et représenterait 48 % des ventes totales de fiction dans le pays. Toutefois, parce que le prix d'un ebook est autour de 3 £ contre 5,5 £ pour un poche, le volume sera plus important, mais en valeur, elles ne représenteront que 32 % des ventes totales de fiction. 

 

Cette diminution des revenus causée par le marché numérique ne sera cependant pas le seul motif d'inquiétude pour les éditeurs : d'autres changements sont à venir dans le secteur de la fiction. Les revenus liés à l'imprimé diminuent fortement, assure Nielsen, et pas simplement parce que les lecteurs se tournent vers le numérique. 

 

« Nous prévoyons que la valeur de l'ensemble du marché de la fiction chutera de 16 % pour cette année et encore de 4 % pour 2014 », promet l'institut. Les ventes de romans en hardback et paperback (grand format et poche) diminuent en effet plus rapidement que n'augmentent les ventes d'ebooks sur le territoire. 

 

Déjà, en avril, les ventes avaient diminué, en format numérique, pour le troisième mois consécutif. Les ventes globales s'élevaient à 3,3 millions d'unités, soit un recul de 9,8 % comparativement à la même période, l'année passée. Néanmoins, le nombre de nouveaux acheteurs d'ebooks, en mars, était à la hausse, représentant 9 millions de personnes. 

 

Kantar et Nielsn avaient également relevé, dans une étude d'avril, que les consommateurs férus d'ebooks étaient plus disposés à acheter des livres papier sur... Amazon. A l'époque, le nombre de clients ayant acheté un livre numérique s'élevait à 8 millions de personnes. 

 

Selon une autre étude, diffusée par Bowker début juin, les ebooks étaient poussés par l'autoédition, avec 12 % des ventes. L'une des raisons principales qui amènent les lecteurs à acheter des livres auto-édités est purement lucrative. Surtout lorsqu'il s'agit de livre dont le prix ne dépasse pas les 2£. Les chiffres montrent également que les personnes avides de lecture, et qui en consomment sans modération, sont davantage attirées par l'auto-édition (61 %). Autre détail, 35 % des acheteurs de livres autoédités sont des femmes de plus de 45 ans.