UK : les bibliothèques, bientôt de "misérables fantômes mutants"

Cécile Mazin - 21.04.2015

Edition - Bibliothèques - Caitlin Moran - bibliothèques britanniques - coupures budgétaires


Caitlin Moran compte 534.000 followers sur Twitter : c'est donc une personne importante. Au-delà de ça, c'est une journaliste qui travaille comme éditorialiste au Times, et critique à la télévision. Elle a également une chronique satirique dans Celebrity Watch. Mais ce qui importe, ce sont ses récentes déclarations de soutien aux bibliothèques du Royaume-Uni.

 

 

Twittersquee

Caitlin Moran (Chris Scott, CC BY NC SA 2.0)

 

 

Entre 2011 et 2014, 50 fermetures d'établissements, et 33 % de réduction de budgets ont été recensés. Pas vraiment une situation tenable donc. Un Manifeste pour sauvegarder les lieux publics de prêt tente de sensibiliser le public, mais le drame s'intensifie, en dépit des tentatives des contribuables. Pallier les défaillances, en instaurant des services aux usagers, reposant sur le bénévolat, n'est cependant qu'une alternative à court terme...

 

Et voilà que Caitlin Moran a dégainé un plaidoyer ouvert, « Qu'ont-ils fait à ma bibliothèque », pour dénoncer la politique d'austérité qui sévit sur le territoire de Sa Majesté – laquelle va d'ailleurs plutôt bien, merci pour elle. 

 

Évoquant sa ville natale, Wolverhampton, elle parle de la bibliothèque sur place, comme d'un espace essentiel, « au croisement entre la sortie de secours, le radeau de sauvetage ». Un endroit qui l'a sauvée, donc, et qu'elle aurait volontiers épousé, à une époque de sa vie.

 

« C'est une méthode qui doit nous rendre furieux », poursuit-elle, que de voir un pareil comportement. Tout ce qui est important, mais que l'on ne peut pas rationaliser selon de strictes lignes budgétaires, se faire alors taillader, jusqu'à devenir « un misérable fantôme mutant ». 

 

Et comment les établissements parviendront-ils à résister, une fois que l'on aura fait d'eux une pâle imitation de leur mission publique ? Caitlin pointe qu'une sélection méticuleuse est toujours plus efficace qu'un rassemblement de livres particulièrement populaire. Et c'est ainsi qu'une bibliothèque devient, en sachant réunir les deux, une banque de savoir. 

 

Affaire à suivre.