UK : les libraires s'engagent en masse contre le téléchargement illégal

Orianne Vialo - 30.03.2016

Edition - Société - livres téléchargement - librairies téléchargement - lutte piratage livres


Depuis le 30 mars, la Booksellers Association anglaise et irlandaise (BA) engage de nouveau les libraires comme les clients à comprendre l’importance de l’achat légal et, par là, le respect du droit d’auteur. Ces initiatives sont prises dans le cadre de la campagne de lutte contre le téléchargement illégal, Get it Right from a Genuine Site, soutenue à hauteur de 3,5 millions £ sur trois ans par le gouvernement du Royaume-Uni. Le but : inciter les gens à ne pas télécharger illégalement des contenus créatifs tels que les ebooks, activités qui risqueraient de pousser l’industrie à sa perte. 

 

(Domaine public)

 

 

Lutte contre le téléchargement illégal : de nombreux acteurs engagés

 

Depuis l’arrivée des ebooks sur le marché, de nombreux acteurs se battent afin que les ouvrages numériques ne soient pas téléchargés illégalement, à commencer par les auteurs eux-mêmes, des éditeurs et des associations diverses.

 

Afin d’alimenter la campagne de lutte contre le téléchargement illégal, la Booksellers Association a sorti un clip d’environ 1m30 (à retrouver en fin d’article), qui remet l’auteur et le libraire au centre des préoccupations. La vidéo montre un libraire racontant sa première expérience littéraire marquante, une partie de sa biographie et explique que son job est « différent tous les jours », que c’est à la fois « être avec les clients, vendre des livres, en recommander et organiser l’espace pour que les livres aient leurs places ».

 

En les encourageant à « y réfléchir à deux fois » avant de procéder à un achat, la campagne nationale a été impulsée par l’alliance d’industries créatives, Creative Content UK (CCUK), qui vise à promouvoir le respect pour les industries créatives.

 

C’est la première fois que des créateurs de contenus cinématographiques, télévisuels, musicaux, de jeux et de livres ont le soutien du gouvernement, des syndicats, des détaillants et des fournisseurs des services Internet. Cela dit, les FAI britanniques s'étaient déjà fortement engagés aux côtés des éditeurs en bloquant différents sites listés par l'organisation professionnelle Publishers Association.

 

« Le droit d’auteur est le fondement des industries créatives. Je suis ravi que les détenteurs de droits et les sociétés Internet se soient réunis sous la bannière de la Creative Content UK pour éduquer les consommateurs à la fois sur la nécessité de récompenser correctement la créativité et la menace que la piraterie en ligne pose. » John Whittingdale, secrétaire d’État à la culture, aux médias et au sport

 

Des mesures plus drastiques, pour un meilleur contrôle

 

Le projet comporte deux volets. Premièrement, les consommateurs seront orientés vers des sources de contenu sûres. Deuxièmement, un programme d’alertes d’abonnés – il s’agit d’un partenariat passé entre quatre principaux fournisseurs Internet du Royaume-Uni, à savoir Talk Talk, Virgin Media, Sky et ISPs-BT — débutera début 2017 afin de notifier les clients des prestataires Internet si le contenu illégal est partagé par le biais de leur connexion Internet.  


En plus de ces mesures, les propriétaires de médias concernant les industries créatives sont invités à soutenir la campagne de prévention en faisant divers dons et contributions.

 

Get It Right from a Genuine Site : inciter à la prise de conscience collective

 

Selon le directeur général de la Booksellers Association, Tim Godfray, la campagne Get It Right from a Genuine Site (Acheter correctement, depuis un site légitime) vise à inciter les gens à soutenir ce qu’ils aiment en achetant de sources légales. « Nous devons aider la communauté créative à créer davantage de contenus, sans oublier d’aider au développement de nouveaux artistes et écrivains. » D’après lui, les libraires ont tout à y gagner à intéresser le public, et en particulier les plus jeunes, à prendre conscience de la valeur des contenus.

 

Il est rejoint dans ses propos par Nic Bottomley, propriétaire de la librairie indépendante Mr B’s Emporium of Reading Delights in Bath, qui apparaît dans la vidéo de campagne contre le téléchargement illégal. L’homme a pour sa part décidé de rejoindre ce projet de prévention sur les dangers de la violation du droit d’auteur, car « les droits d’auteur représentent une problématique cruciale dans l’industrie du livre ».

 

« L’industrie entière fonctionne sur le fait qu’une personne doit être payée pour son travail et les efforts fournis, de la rédaction du contenu d’un manuscrit à sa publication sur le marché. A partir du moment où un auteur commence à coucher ses idées sur le papier, ces mots lui appartiennent et sont soumis aux droits d’auteur. » Nic Bottomley


Passé le discours convenu sur la richesse du métier, il rappelle que, derrière un livre, se trouve toujours un créateur. Il interpelle le spectateur : « Vous savez bien qu’il y a un créateur derrière le livre, en d’autres mots un “auteur” du livre ou de l’ebook, qui doit être récompensé pour ce travail. »

 

Cependant, le service en ligne de traque aux infractions des droits d’auteur montre que le domaine de l’édition a un niveau de piratage inférieur à celui des œuvres musicales ou cinématographiques. Parmi ceux qui téléchargent des livres sur des sites illégaux, les contrefacteurs âgés de 35 à 55 ans sont les plus représentés.

 

Les raisons pour lesquelles ils se tournent vers le téléchargement illégal sont multiples : 60 % avouent qu’ils y ont recours parce que c’est « facile » de le faire, 48 % estiment que c’est plus rapide ainsi, et 44 % disent que le téléchargement est « libre ».

 

 

 

(via The Bookseller)