UK : Une législation fiscale spéciale pour les géants américains

Nicolas Gary - 22.01.2013

Edition - Economie - géants américains - fiscalité - Royaume-Uni


Starbucks, Amazon, Google, autant de doux noms qui résonnent comme des mauvais payeurs pour l'administration fiscale du Royaume-Uni. Et bien que ces sociétés américaines assurent qu'elles respectent les lois fiscales du pays, les autorités ont décidé d'introduire quelques petites et substantielles modifications, tout particulièrement adaptées aux multinationales...

 

 

Starbucks mug with tea

givingnot@rocketmail.com, (CC By-NC 2.0)

 

 

Aujourd'hui, si les sociétés citées font bien leur chiffre d'affaires à l'intérieur du territoire britannique, reste que l'administration fiscale ne voit pas beaucoup de retours dans ses caisses. Pour Tim Farron, président du parti libéral démocrate, il devient impératif d'introduire un barème d'impôts minimum, dont les sociétés devront s'acquitter. 

 

Et d'évoquer « la naturelle indignation » des contribuables britanniques, choqués de constater que les firmes font leur beurre sur le dos des finances publiques, sans pour autant y contribuer le moins du monde. 

 

Le projet de loi serait alors de taxer les bénéfices globaux des sociétés, explique-t-il. « Si ces sociétés structurent leurs affaires d'une manière telle qu'ils ne font aucun bénéfice au Royaume-Uni, alors il est bon de regarder le chiffre global, qui lui est rendu public. » De petites affaires comptables, donc, mais qui pourraient donner au pays un nouveau souffle.

 

En effet, avec 400 millions £ de CA réalisés l'an passé, Starbucks n'a pas versé un penny à l'État. Et la situation est la même pour Google ou Amazon, qui se plaignent toutefois de pourtant bien régler d'importantes sommes pour l'assurance nationale, et d'autres taxes sur leurs activités dans le pays. 

 

Dans ce contexte, si les firmes protestent, elles n'en sont pas moins conscientes que le public a vivement réagi en apprenant leurs manoeuvres fiscales. Une campagne de boycott frappant Amazon et Starbucks avait eu lieu avant les fêtes - et peu après que la presse a dévoilé le faible montant d'impôts que ces sociétés versent à l'État. (via Télégraph)

 

Au cours des prochains mois, d'autres pistes seront explorées par le Trésor, pour introduire des modifications dans la fiscalité, et qui s'appliqueraient alors à ces firmes. Mais ce qui est aujourd'hui baptisé Mansion Tax a tout de même de beaux jours devant elle : il s'agirait en l'état de frapper sur les valeurs immobilières...

 

Un point qui doit alors doucement faire sourire Amazon UK...