Ukraine : l'association des bibliothèques réclame la fin des violences

Nicolas Gary - 04.03.2014

Edition - Bibliothèques - Ukraine - Place Maidan - Vladimir Poutine


Valentyna Pashkova, vice-présidente de l'Association des bibliothèques d'Ukraine vient de brosser un tableau peu encourageant des dégâts causés par les affrontements des mois de janvier et février. C'est que la bibliothèque du parlement national était en première ligne des violences que la capitale a connues, et qui ont fait près d'un millier de blessés et de morts dans le centre-ville de Kiev. 

 

 

 

 

La fumée, les pneus qui brûlent pour protéger les manifestants des tireurs embarqués : Kiev était le théâtre d'une véritable guerre civile. Bien entendu, souligne la vice-présidente, les bibliothécaires n'ont pas pris position, et continué tant bien que mal, à effectuer leur travail. Les équipes ont cependant prêté main-forte à la Croix-Rouge, qui a ouvert un hôpital de fortune au rez-de-chaussée de l'établissement. 

 

Les collections n'ont pas eu non plus à souffrir, même si plusieurs incendies se sont déclarés. En revanche, souligne-t-elle, des bibliothèques publiques gratuites ont fleuri ici ou là, comme ce fut souvent le cas lors de mouvements Occupy. Ces derniers n'ont jamais été aussi tragiques que ceux que Kiev a pu connaître. Les livres et documents mis à disposition des manifestants et des militants sont devenus rapidement populaires.

 

Les manifestants de Maidan, nom de la place centrale, à traduire par Place de l'Indépendance, ont baptisé leur bibliothèque du même nom. Elle fut ouverte le 26 janvier, et détruite par les troupes gouvernementales. Les manifestants ne se sont pas démontés : ils ont fabriqué une nouvelle bibliothèque, symbole une fois de plus de la lutte contre l'oppression. 

 

L'Association des bibliothèques d'Ukraine, qui est une ONG, a diffusé un large message, pour sensibiliser l'opinion publique internationale. « Profondément préoccupée par les violences qui surviennent dans le centre de Kiev », l'association « exige que les vies humaines soient préservées et que l'on prenne des mesures pour garantir l'esprit, l'âme et la pensée du peuple ukrainien stockés dans la bibliothèque du Parlement », ainsi que dans les autres établissements.

 

« Nous appelons à prendre des mesures immédiates, qui permettront de trouver une solution pacifique et juste au conflit pour l'avenir de l'Ukraine, y compris l'arrêt des violences. Nous considérons comme insupportables toutes les restrictions de droits et de libertés garanties par la Constitution et les conventions internationales ratifiées par l'Ukraine », ajoute-t-elle. 

 

Au cours des derniers événements, l'Ukraine a mis en place un nouveau gouvernement, présenté devant les manifestants de la place Maidan, et que le président russe, Vladimir Poutine, a immédiatement qualifié de coup d'Etat.