Umberto Eco, ou l'incompréhension de la campagne BDS

Clément Solym - 25.02.2011

Edition - Société - umberto - eco - bopycott


Prends ta tête à deux mains mon cousin. Dans un article publié hier, nous rapportions les propos d'Umberto Eco, tenus dans le cadre de la Foire du livre de Jérusalem. Le romancier déclarait en effet : « Je considère qu'il est absolument fou et fondamentalement raciste d'assimiler un étudiant, un citoyen avec les politiques de son gouvernement. » (notre actualitté)

Le boycott en question, ou plutôt, la campagne est celle impulsée par BDS. Le mouvement Boycott, Desinvestissement et Sanctions, serait donc visé dans les propos du romancier - un comportement qui refléterait l'ignorance de l'auteur à l'égard du mouvement BDS.


Le mur des lamentations, face ouest

Contacté par ActuaLitté, BDS s'explique : « La Campagne BDS elle aussi opère une distinction très claire entre le simple citoyen israélien et son gouvernement. C'est ce que vous pouvez lire dans notre charte.

Pour nous, citoyens de conscience engagés dans cette campagne internationale, la cible est clairement le gouvernement israélien et ceux qui le soutiennent. C'est un boycott politique, dirigé contre une politique, et ce n'est certainement pas le boycott aveugle auquel veulent faire croire Umberto Eco ou d'autres.
»

La charte de BDS, dans son 5e article, souligne en effet :
5 - Notre action est non violente et respecte les personnes et les biens.
C'est le nombre de citoyens, associations, organisations syndicales et politiques qui nous rejoindront dans cette campagne solidaire et déterminée qui permettra d'atteindre ce but.
À mettre aussi en parallèle avec l'article 3
3- Notre action est éthique, citoyenne et politique.
Elle s'inscrit dans notre combat permanent contre toute forme de racisme.
Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits.
Nous faisons une différence évidente entre un produit israélien que nous boycottons, et un produit casher produit par une entreprise non israélienne que nous ne boycottons pas.
Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d'occupation israélienne et ses partisans.


Charte que l'on peut retrouver à cette adresse.
Clairement donc, les points qui sont évoqués par Eco et sur lesquels le romancier se fourvoie donc légèrement en considérant que le boycott de BDS ferait l'assimilation entre citoyens et gouvernement.

À moins que, justement, l'auteur n'aille dans le sens de BDS : si tout boycott qui confondrait citoyens et les politiques au pouvoir serait un acte de racisme.

Mais dans ce cas, BDS n'a rien à se reprocher, si ?