UMP : Prévention de la délinquance... chez les mineurs de 36 mois

Clément Solym - 01.12.2008

Edition - Société - mineur - detection - violence


C'est le retour de l'une des pires idées émises sous le gouvernement Sarkozy : détecter les troubles potentiels chez l'enfant qui induisent des comportements violents, lesquels les mèneront plus tard à une inéluctable délinquance. Frédéric Lefebvre constate qu'en l'espace de 60 ans, on est passé de 1 mineur sur 166 impliqué dans une affaire pénale à 1 sur 30 aujourd'hui.

Détection précoce pour lutter contre la délinquance future

Dès lors, il serait bon de poser « la question de la détection précoce des comportements », estimait-il sur Europe 1, ajoutant que l'âge de trois ans est avancé par de nombreux rapports, « pour être efficaces ». Cette idée s'ajoute à celle de revoir la responsabilité pénale à l'âge de 12 ans, toujours dans une optique de lutte contre la délinquance, proposée par Rachida Dati.

Aveu toutefois du porte-parole de l'UMP : « Je ne suis pas un spécialiste, donc je ne déterminerai pas à quel âge il faut le faire. » Pourtant, si dans une garderie on repère un enfant au tempérament violent, « c'est le servir, c'est lui être utile à lui que de mettre en place une politique de prévention tout de suite ». Évidemment. Et éventuellement un petit bracelet à la cheville pour signaler à la police qu'il sort du périmètre de sécurité autour de son lit...

Finalement, cette mesure de détection, à travers les établissements scolaires, serait aussi une manière de ne pas appliquer le droit pénal « très tôt » et passer par la case prévention garantirait une solution à « ces enfants dont on voit qu'ils sont en train de partir sur un mauvais chemin ».

Bref retour en 2006...

Un rapport remis par l'Inserm, portant sur « le trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent », détaille que la détection des comportements violents dès le plus jeune âge (36 mois) peut contrecarrer la délinquance. Une pétition réunissant des professionnels dénonça alors la délicatesse de ce rapport. « Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ? », interrogeait-on.

« Le risque de dérive est patent : la détection systématique d’enfants “agités” dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept même de prévention », précisait même la pétition.

On se demande bien ce qui a changé depuis...