Le livre et la lecture réunissent la France et la Corée du Sud

Nicolas Gary - 23.03.2015

Edition - International - Centre National du Livre CNL - Corée du Sud - signature accord


Aujourd'hui, le Centre national du Livre accueillait la signature d'un accord avec la Corée du Sud, qui sera le pays invité d'honneur du Salon du livre en 2016. L'occasion d'une coopération entre les deux pays, autour du livre et de la lecture, mais aussi celle d'échanges sur les mesures à prendre pour assurer la protection des acteurs locaux.

 

 

Vincent Monadé président du CNL et Jae Ho Lee, président du KPIPA

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

« La Corée est très admirative de la politique française, notamment pour ce qui est de la loi anti-Amazon, qui a permis de protéger les librairies, et de sa loi sur le prix unique du livre », assurait le président Jae Ho Lee, de l'agence de promotion de l'industrie de l'édition de Corée du Sud, ou KPIPA. 

 

Des mesures qui ont garanti à la France de pouvoir maintenir une économie du livre forte, face aux acteurs de l'internet, mais également en consolidant les opérateurs territoriaux. Alors qu'au Japon se positionne de plus en plus le géant Rakuten, et qu'en Chine, c'est Alibaba qui prend position, la Corée a également fort à faire avec plusieurs géants du net, qui occupe des positions importantes.

 

« Nous nous attendons à ce qu'ils ne soient pas contents des politiques que nous mettrons en place, pour la consolidation des librairies coréennes », explique la délégation. « Le secteur numérique représente 5 % du marché, nous nous attendons cependant à ce qu'il se développe pour devenir bien plus important dans les prochaines années. »

 

Toutefois, si la croissance du marché numérique est un enjeu important, la défense de la librairie et des libraires, en prenant exemple sur la loi française établissant un prix unique du livre , est une considération primordiale, assurait la délégation.

 

Vincent Monadé, président du CNL, assure pour sa part que la France a beaucoup à apprendre des usages en vigueur en Corée. Notamment à travers des consommations en mobilité de manhwas, la version coréenne du manga – le développement de la lecture sur smartphone est, à ce titre, considérable. 

 

L'accord passé concernera plus précisément une aide de 70 % apportée à la traduction d'ouvrages coréens, mais également de pouvoir engager des échanges autour de résidences d'auteurs coréens en France et Français en Corée.

 

À l'occasion du Salon du livre de Paris, « la Corée du Sud nous a fait part de sa volonté de construire une exposition autour du livre jeunesse, pour présenter au public français leur production culturelle », nous précise Vincent Monadé.

 

Enfin, et dans une action plus tournée vers les professionnels, des rencontres et échanges sont prévus, en partenariat avec le BIEF, lors du Salon de Paris 2016 entre éditeurs coréens et éditeurs. L'invitation sera rendue à l'occasion du Salon international de Séoul 2016, où les éditeurs français rencontreront leurs homologues coréens. 

 

Depuis novembre 2014, et avec un effet rétroactif, la Corée du Sud a instauré une législation permettant aux éditeurs de fixer un prix unique au livre, avec des remises encadrées – 20 % maximum. « Nous avons été impressionnés par les résultats de la législation en France », nous précise un membre de la délégation. « D'autant que nous avons une chaîne de librairies qui détient plus de 40 % du marché, YES24. Il importe que nous puissions assurer à chacun de pouvoir exister sur le marché numérique et imprimé. »