Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Un acheteur pour les Presses universitaires de France ?

Nicolas Gary - 29.08.2013

Edition - Economie - Presses universitaires de France - PUF - mise en vente


La maison d'éditions Presses universitaires de France serait donc à vendre. L'enseigne, qui regroupe notamment la célèbre collection, Que sais-je ? a été fondée en 1921 par un collège de professeurs. Aujourd'hui, les PUF publient des ouvrages couvrant tous les sujets possibles et imaginables, depuis les sciences humaines en passant par des livres de spécialistes.

 

 


Que Sais-Je ?, également en audiobooks

 

 

Mais voilà : Que sais-je ? représente un véritable succès, avec près de 4000 titres parus depuis 1941, date de son lancement. Avec plus de 200 millions d'exemplaires vendus et des traductions dans plus d'une quarantaine de langues, la collection sur suffit pas à soutenir la structure, aujourd'hui dirigée par Monique Labrune, présidente du directoire depuis mars 2012 et Dominique Lecourt, président du Conseil de surveillance de cette société anonyme.

 

La maison avait également amorcé par différents biais le virage numérique : une première vague de numérisation avait porté à 800 titres l'offre ebook des Que sais-je ?

 

Sur l'exercice 2012, la maison enregistrait d'ailleurs un résultat net de -386.600 €, contre -99/300 € en 2011. Autrement dit, les finances ne sont pas au beau fixe, d'autant que le chiffre d'affaires de 12,238 millions € n'a pas beaucoup progressé en regard de 2011, où il s'affichait à 12,220 millions €. 

 

Depuis 2000, les PUF ont fait évoluer leur capital, en ouvrant leurs portes à des sociétés privées : Libris est alors devenue actionnaire majoritaire avec 55,5 %, la Garantie Mutuelle des Fonctionnaires, GMF, détenait 16,4 %, tandis que le groupe Flammarion disposait alors de 15,1 % et la MAAF, autre société d'assurance prenait 8,1 %. 

 

En 2010, une nouvelle distribution était intervenue : au travers du fonds d'investissement Thôt, les sociétés MAAF, MMA et GMF, qui compose Covéa (société de groupe d'assurance). Cette dernière avait alors investi 1,483 million € dans les PUF. La GMF avait alors abondé à la hauteur de 908.000 €, contre 471.000 € pour MAAF. (voir JO)

 

La société, selon nos informations, serait mise en vente pour un montant de plusieurs millions d'euros, mais l'acheteur potentiel est encore inconnu. Peut-être qu'en regardant du côté des actionnaires, la piste du groupe Flammarion, récemment racheté par les éditions Gallimard ferait sens. Cependant, Monique Labrune avait également travaillé chez Seuil, au département sciences humaines entre 2003 et 2011. Pour l'heure, les coeurs balancent. 

 

En interne, on déplore un manque de communication de la part de la direction, alors que l'ambiance n'est pas des plus joyeuses. « Nous avons vécu un plan social, avec le départ de neuf personnes sur la soixantaine d'employés que l'on compte aux PUF, et ce, dans tous les secteurs de la maison. Ca sentait véritablement le dégraissage avant revente », nous explique-t-on. Un plan présenté fin juin aux salariés, et qui semblerait se concrétiser plus encore aujourd'hui.

 

Nous avons tenté de joindre à plusieurs reprises les PUF pour obtenir un commentaire, mais pour l'heure, sans succès. Et l'on continue pendant ce temps de jouer au Cluedo...