Un an de prison avec sursis pour le propriétaire de la librairie El Azhar

Julien Helmlinger - 10.02.2015

Edition - Librairies - Apologie du terrorisme - Religion - fanatisme - Librairie


Le procureur demandait de la prison ferme pour le propriétaire de la librairie islamique lilloise El Azhar, accusé de faire l'apologie du terrorisme et d'avoir exposé un drapeau similaire à celui de Daech dans la devanture de sa boutique. Chaabi M'Barek, passé en jugement le 2 février devant le tribunal correctionnel de Lille, écope finalement d'un an de prison avec sursis et un an d'interdiction d'exercer une activité commerciale.

 

 

La librairie El Azhar, à Lille

 

 

« C'est une condamnation qui peut paraître en deçà de ce que les juridictions ont l'habitude de prononcer pour des dossiers similaires, pour autant cela reste important », a déclaré à l'AFP Maître Charles Cogniot, l'avocat du libraire, sans écarter l'éventualité d'interjeter appel. Il avait auparavant plaidé la relaxe, assurant qu'une confusion avait été faite sur la nature du drapeau exposé.

 

Le 16 janvier, la police avait été alertée par un automobiliste ayant aperçu un drapeau similaire à celui de l'État islamique dans la devanture de la librairie lilloise. Se rendant sur place, une patrouille a alors constaté la présence d'un « drapeau noir avec des inscriptions blanche en arabe », ainsi que d'autres drapeaux et un livre intitulé Terrorisme et attentats suicides.

 

Lors de l'opération de police, Chaabi M'Barek aurait par ailleurs tenu des propos provocateurs, ce qui n'avait pas arrangé son cas. Il devait passer en comparution immédiate le 19 janvier, mais il avait obtenu le renvoi et une libération sous contrôle judiciaire. L'audience a eu lieu le 2 février, son avocat plaidant la relaxe en estimant qu'il y avait eu confusion sur la nature du drapeau de la devanture.

 

L'avocat, maître Cogniot, aurait toutefois admis que les policiers avaient effectivement retrouvé un drapeau de Daech, mais au domicile de son client. Selon lui « pour que l'infraction soit constituée, il faut qu'il y ait publicité », mais le parquet avait quant à lui requis un an de prison ferme et cinq ans d'interdiction d'exercice d'activités commerciales contre le libraire.

 

Selon la presse locale, le président du tribunal aurait notamment dit au libraire : « Vous diffusez des idées, les livres, c'est comme des fusils. »