Un auteur défend la vindicte lancée contre Amazon à LA

Louis Mallié - 11.03.2014

Edition - Librairies - Los Angeles - Amazon - Festival du livre


On connaît l'histoire qui agite le festival du livre de Los Angeles. Lors de la mise en ligne sur le site du Los Angeles Times de la liste des auteurs présentés la semaine passée, les libraires indépendants avaient eu la mauvaise surprise de découvrir des liens renvoyant exclusivement à Amazon. Après de violentes réactions, un lien vers le site de librairies indépendantes IndieBook s'apprête à être ajouté. Mais Amazon était-il un si mauvais choix ?

 

 

BenShermann, domaine public.

 

 

Le problème est simple : pour toutes les ventes réalisées grâce à ces liens d'affiliations, le LA Times va empocher une commission, peste la Southern California Independent Booksellers Association (SCIA). « Au-delà de cette insulte, les gens qui arrivent avec des livres en main, pour que les auteurs les signent, feront du show-rooming pour Amazon, et sans probablement même se rendre compte de cela », dénonce Scott MacAuley, éditeur chez Angel City Press. 

 

La SCIA célèbre désormais comme une victoire la décision du LA Times d'inclure désormais un lien  IndieBook. « Cela fait du bien de se voir rangé au même plan qu'Amazon » s'est réjouie Andrea Vuleta, la  directrice générale.

 

Pour autant, l'écrivain David Gaughran a réagi sur son site, où il nuance le débat qui avait pris une tournure manichéenne. Il s'est ainsi attaqué au journal qui figurait les premiers indignés de la décision  LA Times : « Publishers Weekly is ignoring the réal scandale » a-t-il écrit. 

 

Celui-ci voit de nombreuses (bonnes) raisons dans le choix du journal d'avoir choisi de proposer exclusivement Amazon : « Beaucoup de lecteurs ne connaissent pas IndieBook. Ils se sentiront probablement plus à l'aise en donnant leur carte de crédit à un site avec lequel ils sont familiers, plutôt qu'à un inconnu. »

 

Autre explication selon lui : « Amazon possède une plus large sélection. Beaucoup de librairies indépendantes ne vendent pas d'ebook, choisissent de ne pas vendre de livre de poche ou de publications à compte d'auteurs. (…) Peut-être les organisateurs voulaient-ils s'associer à quelqu'un qui possède le catalogue complet des auteurs représentés. » 

 

Amazon paraîtrait ainsi un choix stratégique avant d'être un choix commercial. Cependant, cela ne demeure pas moins, selon les défenseurs de la librairie indépendante une faute d'éthique de la part du LA Times…