Un auteur sur trois préfère rester chez son éditeur que de céder aux sirènes

Clément Solym - 10.04.2015

Edition - International - relations éditeurs auteurs - monde édition - revenus confiance


Auteurs de tous pays, unissez-vous : l'étude établie par deux auteurs, Harry Bingham et Jane Friedman, pour le Royaume-Uni et les États-Unis, a sollicité 812 confrères. Do You Love Your Publisher? – Aimez-vous votre éditeur ? – leur demandait-on. Les conclusions ont quelque chose d'assez universel : une meilleure communication, de meilleures rémunérations et mieux déployer leurs qualités d'écrivains. Mais la grande majorité n'envisage pour autant pas de quitter sa maison.

 

 

Prospector

Tony Oliver, CC BY 2.0 

 

 

Les données sont certainement à mettre en relation avec le Baromètre présenté en France, sur les relations auteurs/éditeurs. Les répondants de l'étude affirment à 75 % qu'ils ne sont pas sollicités par leur éditeur, et seuls 7 % estiment être correctement payés. Cependant, 32 % affirment que le prestige lié à un contrat d'édition traditionnel est important pour eux – 54 % l'évoquent comme un des aspects attirants.

 

Sur les relations et la communication, 28 % estiment qu'elle était complexe, 26 % la trouvent excellente, 24 % bonne et 22 % moyenne.

 

Cité par le Bookseller, Richard Mollet, directeur de la Publishers Association, considère qu'il est « particulièrement gratifiant, à l'heure des débats sur l'autopublication, de voir ces réponses très positives sur la valeur, et le rôle, des éditeurs ». Et l'enquête indique, estime-t-il, que les réponses apportées fournissent de solides indications sur le monde de l'édition. 

 

Cependant, la question de la rétribution est toujours au cœur des interrogations. Sur les droits reversés, les auteurs sont très sensibles à ce qu'il leur soit rendu plus sur les ventes, et notamment dans la commercialisation numérique. 

 

Quant à mesurer la fidélité des auteurs, 37 % seraient disposés à quitter leur maison, si un autre éditeur de renom leur proposait une même avance que celle reçue. 33 % préfèrent rester chez leur éditeur, et 30 % ne savent pas vraiment comment réagir. En revanche, la fidélité à l'agent littéraire est primordiale : seuls 20 % seraient prêts à quitter leur agence pour en trouver une autre. D'ailleurs, les auteurs font majoritairement plus confiance à leur agent qu'à l'éditeur, sur leur plan de carrière. 

 

On parle également d'autopublication, avec 24 % des auteurs qui seraient heureux de la perspective d'une meilleure maîtrise sur leurs publications. En revanche, 37 % seraient horrifiés de ce que cela implique pour eux. 

 

Et là encore, les attentes et les impressions que dégage Amazon sont mitigées : 68 % pensent que ce marchand tue les libraires et 44 % retiennent que la firme américaine échappe aux impôts qu'elle doit payer. 31 % estiment qu'elle détruit également les éditeurs. Mais pour 65 %, il s'agit d'une aubaine pour les lecteurs, et 66 % y voient une machine de vente au détail, « superbement efficace ».