Un auteur virulent, pour une critique qui "enfreint" le droit d'auteur

Clément Solym - 12.09.2012

Edition - International - Jazan Wild - blogueurs - action en justice


Sûr que Jazan Wild est un malade des salles d'audience, un drogué des effluves de bois ciré : en 2010, ce dessinateur de comics s'était fait remarquer pour un procès contre NBC.com, dont la série Heroes lui paraissait un peu trop proche de sa dernière production, Carnival of Souls. En juillet, il attaque HarperCollins, qui publie un bouquin lui aussi titré Carnival of Souls. Désormais, il menace les blogueurs pour atteinte à son titre - oups, à sa marque commerciale.

 

Copyright is for Losers

(auteur : 917press)

 

Sur le site Bookalicious, on publie des critiques, des chroniques et des avis sur les sorties littéraires, avec photo de couverture mais sans extrait : de l'habituel donc, et l'administrateur du site ne s'attendait probablement pas au mail carabiné que Wild lui a fait parvenir.

 

Puisque HarperCollins publie Carnival of Souls, par Melissa Marr, Nikki Ericksen décide d'y consacrer trois-quatre paragraphes, le temps d'écrire qu'« inspirée par une chanson, cette histoire arrivée "par accident" va vous couper les jambes et vous faire réfléchir sur le côté où vous vous situez. » Quelques heures plus tard, c'est ce mail assassin que Bookalicious voit arriver dans sa boîte :

À qui de droit,

Ceci vaut comme ordonnance de cessation et d'abstention. « Carnival of Souls » est une marque commerciale dont le propriétaire est Jazan Wild et Wild uniquement possède le droit exclusif d'utiliser cette marque dans les cas 16 et 41, ce dernier comprenant les romans, aux USA. Publier un chapitre de ce roman constitue une atteinte délibérée et malicieuse à la marque de Wild. Veuillez le retirer.


Évidemment, les premiers commentaires se sont plutôt montrés plutôt moqueurs, voire un peu consternés qu'un auteur finisse ainsi. Mais Wild est très vite revenu à la charge dans les commentaires, en arguant que son procès contre HarperCollins (voir la plainte) l'obligeait à veiller à ce que l'éditeur ne porte pas préjudice à la série qu'il avait créée. Elle aussi intitulée Carnival of Souls. Et HarperCollins a tout l'air de vouloir faire du roman de Melissa Marr, le premier d'une longue série...

 

Mais chacun conviendra qu'aller jusqu'à interdire la critique d'un blogueur, cela mérite probablement le titre de... Oh, même pas.