Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Un autodafé empêché in extremis en Californie

Antoine Oury - 21.08.2017

Edition - Société - autodafé Californie - autodafé États-Unis - autodafé livres


Depuis quelques jours, les États-Unis traversent une nouvelle crise politique et sociétale : après des manifestations de soutiens et d'oppositions aux mouvements racistes organisées à Charlottesville, dans le Sud des États-Unis, des événements inquiétants se produisent. Des mouvances racistes, nationalistes et suprématistes s'affichent au grand jour, sans honte : en Californie, il s'en est fallu de peu pour qu'un autodafé ait lieu...




 

L'événement mis en ligne la semaine passée par « Brian Enright III » sur le site allevents, relié à Facebook, ne laisse pas vraiment de place pour l'imagination : « Burning Degeneracy », soit « Brûler la dégénérescence ». Le programme est simple, et bien limité, évidemment : il s'agit là de brûler des livres.

 

« Le moment est venu pour le peuple américain de purger leurs foyers, leur État et leur pays de la littérature dégénérée. Cela inclut la littérature marxiste, communiste, bolchévique, la littérature à tendance libérale et démocrate (sic) et les écrits qui soutiennent le déclin de l'Occident. Les livres qui incitent à la dégénérescence sexuelle, comme Cosmo et Teen Vogue (re-sic) seront eux aussi brûlés. Nous brûlerons aussi le Coran et des livres de Karl Marx », indique encore la description de l'événement.

 

L'organisateur proposait aux participants un rendez-vous sur une plage d'Huntington Beach, municipalité du comté d'Orange, au Sud de la Californie, ce samedi 19 août 2017 à 17 heures.

 

Sans surprise, Brian Enright, l'un des organisateurs, fait partie des Three Percenters (ou « 3%ers ») un mouvement américain qui se dit « patriote » et promeut une attitude séparatiste vis-à-vis du gouvernement fédéral. 

 

Heureusement, l'autodafé a finalement été annulé par ses organisateurs, qui se sont dits effrayés par les menaces qu'ils ont reçues sur la page de l'événement. Selon Juan Cadavid, un autre organisateur de l'événement, des « menaces sérieuses de violences gauchistes » les auraient dissuadés de maintenir leur rendez-vous... 


500 couvertures de comics,
à une époque où Hitler se faisait régulièrement démonter

 

Comme les défenseurs de ce genre d'idées et d'événements ont pris l'habitude de le faire, la liberté d'expression a été invoquée : « La liberté d'expression est en danger en Amérique et, si je ne souhaite pas annuler cet événement en raison de mes convictions personnelles vis-à-vis de la liberté d'expression, je ne peux pas supporter la responsabilité de blessures ou de morts suite à l'intolérance de Socialistes violents (sic) », a écrit Juan Cadavid sur Facebook. Le personnage a même assuré qu'il « ne cautionnait pas la censure de la littérature ou des opinions politiques », et que l'autodafé était... « symbolique ».


via Raw Story, OC Weekly