Un bond international pour les livres du Canada invités à Francfort en 2020

Cécile Mazin - 07.10.2016

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Un accord entre la Foire du livre de Francfort et le Canada a été trouvé : le pays sera invité d’honneur en 2020, du 14 au 18 octobre. Juergen Boos, directeur de la Foire et Mélanie Joly, ministre du Patrimoine ont signé un accord entérinant le projet. 

 

Frankfurt Buchmesse

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

 

 

Langues française et anglaise se retrouveront à Francfort dans les travées de la Foire internationale du livre. Il s’agit surtout de la fin d’une saga qui avait débuté en 2013 : le Canada avait tenté de négocier sa place pour 2017, pour une date qui coïncidait avec le 150e anniversaire du pays. Mais de manque de financements en manque de finances, c’est finalement la France qui obtint la place

 

Puis, la date de 2019 fut avancée, mais, cette fois, la Norvège était dans les starting-blocks, et au 1er mars 2016, date butoir, le Canada n’avait toujours pas remis la demande de candidature officielle. Caroline Fortin, présidente du comité dédié à cette demande espérait fortement ne pas laisser passer une seconde fois la chance de Francfort. « Nous avons travaillé tellement fort sur ce dossier, beaucoup d’éditeurs ont fait du travail bénévole », expliquait-elle. 

 

Finalement, ce sera pour 2020 et les différents représentants de la profession se sont associés à cette réussite. « S’intéresser davantage aux éditeurs canadiens, aux auteurs, à la culture et aux médias relève d’une importance internationale. Le Canada apporte au monde un engagement fort dans sa tradition bilingue et embrasse la diversité des cultures qui contribuent à sa société. »

 

La ministre du Patrimoine assure de son côté la détermination du gouvernement à présenter l’ensemble du travail des éditeurs canadiens. « C’est une opportunité fantastique de permettre aux artistes et aux entrepreneurs culturels du Canada de maximiser leur potentiel d’exportation, d’aider à accroître leur position concurrentielle sur la scène internationale. » 

 

En effet, pour le secteur de l’édition, ce projet s’inscrit dans une stratégie de développement mondiale dont les exportations, la promotion de la diversité des talents de chez nous et l’élargissement et la diversification de l’offre numérique demeurent à l’avant-plan. Ainsi, de nombreux éditeurs de petite et moyenne taille et des auteurs pourront faire leur premier pas en commerce international tout en bénéficiant de l’effet de levier de la délégation canadienne et de la programmation de l’évènement.

 

« La diversité canadienne et ses histoires méritent d'être célébrées et diffusées dans le monde entier. Les livres et la littérature, qu'ils soient numériques ou imprimés, sont essentiels pour en saisir les multiples facettes. Nous sommes donc très heureux que dans le cadre de cette invitation, le Canada français et le Québec puissent contribuer à faire connaître ce riche apport culturel », inique Nicole Saint-Jean, Guy Saint-Jean Éditeur et présidente de ANEL

 

Sur le marché du livre canadien, le nombre d’éditeurs a triplé au cours des 25 dernières années. 1500 maisons, et de nombreux indépendants, publient et produisent 80 % des ouvrages écrits – avec 10.000 titres d’auteurs canadiens publiés annuellement. La concentration n’en est pas moins visible, puisque 300 maisons réalisent 95 % du chiffre d’affaires global.

 

Dans la province de l’Ontarion, anglophone, on réalise 64,6 % des ventes d’ebooks et 29,9 % au Québec. Des données à mettre en parallèle avec le fait que le marché est à 77,8 % constitué de ventes en langue anglaise. 49 % des Canadiens se servent d’une bibliothèque. 

 

L’une des caractéristiques reste que les grands groupes internationaux ont bâti des filiales spécifiques – en dépit de la proximité avec les États-Unis.