Un café littéraire s'ouvre à Bagdad, dans la rue al-Moutanabi

Clément Solym - 06.09.2016

Edition - International - café littéraire Bagdad - littérature Irak attentat - liberté rue al-Moutanabi


Des livres et du café. L’offre semble plutôt classique, surtout pour un café littéraire. Mais ici, nous sommes à Bagdad, et l’établissement vient à peine d’ouvrir dans le centre-ville. Quelques poètes et écrivains s’y retrouvent, un peu de musique... et beaucoup de littérature.

 

 

 

Yasser Adnan, le fondateur, se sent une âme d’aventurier avec son idée de café littéraire : tout, dans la capitale d’Irak, se change rapidement en aventure, souligne-t-il. Son père, ancien libraire, travaillait rue al-Mutanabbi. C’est ici qu’un attentat, le 5 mars 2007, détruisit une grande partie de ce cœur de ville qui abritait librairies et cafés littéraires. 

 

Voilà deux ans, une véritable commémoration en hommage aux victimes avait été organisée avec des artistes du pays – et d’ailleurs.

 

Alors pour le jeune entrepreneur, reprendre la route tracée en partie par son père est devenu un impératif. Au cours des années 30, les cafés littéraires se sont multipliés dans la capitale, offrant des lieux de rencontre et d’échanges à la classe moyenne, mais éduquée, de Bagdad. C’est dans ces lieux que l’on partageait des idées, qu’on écoutait le journal, lu à voix haute.

 

Aujourd’hui, on proposerait plutôt une connexion WiFi gratuite, dans le café littéraire de Yasser, et un endroit tranquille pour que les jeunes se retrouvent. Parfois même, une projection de film vient égayer les soirées. 

 

On retrouvera aussi la photo du père de Yasser, comme pour ne pas oublier complètement l’attentat, et espérer une vie plus calme à l’avenir. Si le projet a mis longtemps à venir, c’est avant tout parce que les moyens financiers de Yasser ne lui permettaient pas d’ouvrir. « Après que mon père, fondateur de la bibliothèque Adna, est mort dans l’attaque terroriste de 2007, dans la même rue, je me suis fait la promesse de continuer son travail. De reconstruire une librairie, pour celle qui a été détruite dans l’attentat. En même temps, je voulais créer quelque chose de nouveau, revenir à un lieu d’intelligence et de culture pour notre quartier. »

 

Et les plus gourmands peuvent même oublier la vocation littéraire, pour ne conserver que les délicieuses pâtisseries que l’on sert. De quoi mettre l’eau à la bouche et ouvrir, sinon l’esprit, du moins l’appétit... En compagnie de petits gâteaux, on peut profiter d’un livre, prêté pour un moment, ou l’acheter et l’emporter chez soi. 

 

Ici, la lecture sur place est gratuite. Et c’est déjà énorme.

 

 

 

 

via Sputnik