Un censeur mystérieux sévit en bibliothèques : Fuck !

Clément Solym - 28.10.2009

Edition - Bibliothèques - censeur - mysterieux - sévir


Un cavalier a surgi hors de la nuit, et court vers l'aventure au galop, son crime, il le signe à la pointe d'un stylo, d'une trace qui veut dire CENSURE !

Bon, sûr et certain que la directrice de la bibliothèque de Columbia dans le Tennessee trouverait cette introduction plaisante s'il connaissait le générique de la série en question. Sauf que voilà : le mystérieux censeur qui sévit dans son établissement devient très pénible, parce que la loi fédérale le protège. En effet, impossible de remonter la piste de cette personne qui emprunte des livres et noircit les mots qu'elle juge offensants ou immoraux.

« C'est un livre. Pourquoi voudriez-vous écrire dans un livre ? Non, mais quoi ? Pourquoi noircir ces mots ? Pourquoi saccager un livre ? Si vous n'aimez pas ce qu'il y a dedans, fermez-le et ramenez-le », s'agace Elizabeth Potts. Entre 50 et 100 ouvrages ont déjà fait les frais de cet énergumène, corrigés illégalement, avec un mot d'ordre : les romans policiers en priorité.


Et ce n'est pas une correction effectuée sur la totalité du livre, juste un mot, FUCK, désigné comme the F word, qui est systématiquement gribouillé. Or, comme nous le disions, la loi fédérale protège l'individu, et surtout sa vie privée, en empêchant d'opérer un suivi des livres empruntés. Pieds et poings liés, la directrice en perd alors son latin, et malgré une note déposée à l'entrée de la bibliothèque Maury County, elle n'a absolument plus rien à faire.

D'autant qu'elle ne souhaite pas lancer de poursuites judiciaires, juste que cette personne arrête de pratiquer ainsi son exercice de politiquement correct. Une aubaine : en cas d'accusation de vandalisme, et de condamnation, si les dégâts dépassent 500 $, elle pourrait en prendre pour son grade.