Un Château en Suisse accueille les écrivains en danger

Nicolas Gary - 29.06.2019

Edition - International - écrivains danger - château Lavigny - Suisse liberté


Venir en aide aux auteurs menacés dans leur propre pays, voici le nouveau programme amorcé par le Château de Lavigny. Ce dernier propose des places pour une durée de trois mois, accompagnées d’une bourse, à des écrivains invités par l’intermédiaire du Pen International — et du PEN Danemark en particulier. 


 

Depuis sa création, au Royaume-Uni, le PEN est un organisme qui plaide et défend la liberté des écrivains. Il dénonce, dès que l’information est disponible, des cas de violence ou de menaces exercées à l’encontre d’auteurs « persécutés pour leur travail ». 

Accueillir et donner la parole

Le programme déployé dans le Château poursuit ce combat : pour 2019, ce sont Mohamed Hashem (Égypte) et Yulia Latynina (Russie) qui ont pu bénéficier de cette résidence Écrivains en danger. Les raisons qui poussent les gouvernements ou les organisations religieuses à faire taire ces auteurs sont multiples, mais souvent récurrentes : opinions politiques, appartenance religieuse, ou orientation sexuelle.

Dans un entretien accordé au Temps, Mohamed Hashem souligne l’importance et les bienfaits d’une pareille mise en lumière. Il est, avec des amis, à l’origine de la création de Dar Merit, maison d’édition égyptienne lancée en 1998. Pour avoir soutenu les manifestants lors des regroupements à la place Tahrir en 2011, le gouvernement de transition a tenté de le faire emprisonner. 

Soutenu alors par l’Union internationale des éditeurs, il avait fustigé les agressions policières dans son pays : « Ceux qui peuvent tuer des médecins en train de soigner des blessés sont aussi capables d’accuser ceux qui viennent en aide aux blessés. Je ne m’arrêterai pas de fournir de l’aide, c’est mon rôle dans la révolution. »

Une Égypte partagée

Pendant le printemps arabe, la maison d’édition Dar Merit, située à quelques mètres de la Place Tahrir, était devenue le centre de réunion de la jeunesse contestataire qui s’y retrouvait pour discuter et débattre chaque nuit, accueillie et soutenue par Mohamed Hashem. 

Depuis le coup d’État de 2013, l’Égypte est restée profondément divisée : les intellectuels du côté de l’armée et ceux qui rejetaient l’armée et les religieux. Pour appartenir à cette seconde part, Mohamed Hashem, éditeur originel d’Alaa al-Aswany — qui lui fit lire L’Immeuble Yacoubian en 2002, quand il travaillait pour les éditions Al Mahroussa — compte parmi les bannis du régime. 

Une rencontre est prévue ce 30 juin, en arabe, avec traduction simultanée, pour rencontrer à 18 h Mohamed Hashem au Château de Lavigny. Il s’agira d’écouter son témoignage sur la situation politique actuelle en Égypte, et sur le rôle et l’état de la littérature contemporaine arabe et plus particulièrement égyptienne. Aujourd’hui, il continue à se battre pour publier l’avant-garde littéraire et défendre la liberté d’expression dans son pays, malgré les menaces régulières de fermeture et d’arrestation de la part des autorités égyptiennes.

Dans le cadre de la résidence, outre l’accueil et la bourse, les auteurs invités bénéficient d’un suivi individuel. 


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