Un colonialisme funeste entre Europe et Afrique, pour Vargas Llosa

Clément Solym - 04.11.2010

Edition - Société - colonie - congo - britannique


Présentant en conférence de presse son dernier roman, le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa aura tenu hier un discours très politisé, en évoquant les « conséquences du colonialisme », qui dans les pays européens, auront été funestes.

Dans El Sueno del Celta, c'est justement la vie d'un nationaliste irlandais, Roger Casement, qui est racontée. Cet homme avait dénoncé au début du XXe siècle la violation des droits de l'homme perpétré au Congo par les Britanniques. Et pour cela, il fut tout bonnement pendu.

Le livre, publié dans 17 pays, sera traduit en une vingtaine de langues. Or, le Nobel, insiste : à la fin du XIXe siècle, des conséquences désastreuses. Et que les victimes de ces exactions sont évidemment les descendants de cette période, qui n'ont jamais été en mesure d'oublier.

À 74 ans, Llosa, a avoué qu'il avait du mal à travailler depuis que l'on lui avait remis son Nobel. Il ne se plaint pas, certes, mais reconnaît dormir « deux ou trois heures par nuit ». « Ce qui me rassure, c'est que tout cela est temporaire et j'espère revenir à un rythme normal. »

Mais or de question d'arrêter d'écrire. Trop de projets encore en tête, et surtout, un Mario qui continue d'écrire. « La mort me trouvera avec un stylo dans la main. »

Le rêve du Celte sera publié chez Gallimard en France. Il sera largement question des atrocités commises dans le Congo de Leopold II, alors que Roger Casement, diplomate et ami de Joseph Conrad, raconte l'horreur de ce qu'il découvre. « La dualité entre le héros est les êtres humains ordinaires est ce qui m'a fasciné. »