Un couple fait 300 km depuis Rome pour rendre son portefeuille à un écrivain

Clément Solym - 23.10.2017

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Perdre dans un aéroport son ordinateur, avec son prochain manuscrit, c’est la dépression assurée. Perdre un portefeuille dans sa veste oubliée sur la chaise d’un restaurant d’aéroport est probablement pire. Pour Fabio Geda, l’histoire a fini avec une stupéfiante happy end. Un couple a fait 300 km pour lui rendre son portefeuille... 



 

 

Partant pour Cagliari, Fabio Geda laisse à l’aéroport de Fiumicino (Rome) sa veste, avec le portefeuille dedans. Un micro-drame qui peut arriver à n’importe qui, et devient évidemment embarrassant pour l’auteur. Les autorités aéroportuaires ne parviennent pas à mettre la main sur la veste ni le portefeuille et tout le monde s’apprête à faire une croix sur l’objet.

 

Quatre jours plus tard, à l’occasion d’une rencontre dans un collège de Valledoria, au nord de la Sardaigne, Fabio Geda intervient devant des étudiants. À la fin des échanges, une femme se présente devant lui, et lui rend le portefeuille : « Je vous cherchais. C’est à vous. » Et elle repart retrouver son mari, qui l’avait accompagné. 

 

Tous deux avaient voyagé 278 km, au départ de Rome, et effectué trois heures de route, une fois arrivés sur l’île, pour remonter de Cagliari, au sud, vers le nord...

 

Fabio Geda va raconter l’histoire dans long post sur sa page Facebook, n’en revenant toujours pas de ce que ce couple ait fait tout ce trajet pour lui ramener ce porte-feuille. 

 


 

 

C’est la magie, parfois appréciable, du réseau social, qui a permis à cette femme de retrouver l’auteur : voyant quel était le rendez-vous, elle a pu faire ce voyage, juste pour rapporter l’objet perdu. Salvatrice, elle disparaîtra presque aussi vite qu’elle est apparue dans la vie de l’auteur, tellement abasourdi qu’il n’a pas même eu le temps de lui demander son prénom.

 

Avec un peu de recul, le voici qui lance malgré tout ce message : « Maintenant, chers employés de l’aéroport de Fiumicino, vous, et vos procédures.... Vous qui étiez à cinq minutes à pied de ma veste, vous ne pouviez rien faire, ce n’est pas prévu. Une femme est pourtant venue de loin, a traversé la Sardaigne, pour venir m’apporter ce que vous pouviez trouver en prenant votre pause café. Alors que toi, toi, tu m’as cherché sur Facebook. Toi, qui ne m’as même pas dit comment tu t’appelles. Si tu lis ce post, peux-tu m’écrire, s’il te plaît ? Je voudrais te remercier encore... »   

 

Et pour qui voudrait découvrir l’œuvre de Fabio Geda, le Théâtre Dunois, à Paris, donnera une représentation du texte Dans la mer il y a des crocodiles, publié aux éditions Liana Levi. 
 

Fabio Geda – Dans la mer il y a des crocodiles - L'histoire vraie d'Enaiatollah Akbari, trad. Samuel Sfez – Editions Liana Levi – 9782867466236 – 8,50 €

 

via La Repubblica