Un crowfunding pour laisser cohabiter littérature et vie de quartier

Camille Cornu - 07.01.2016

Edition - Société - Pitch Me


C’est plus qu’un restaurant ou un bar de quartier, mais une « zone d’autonomie temporaire », investie par des rendez-vous littéraires, cinématographiques ou musicaux. L’événement phare du lieu est, depuis plus de deux ans, le WIP, « Work In Progress » : régulièrement, des écrivains néophytes ou reconnus viennent lire un extrait de leur travail en cours. Aujourd’hui, l’association lance une campagne de crowfunding pour survivre. 

 

L'équipe du Pitch Me en 2014. 

 

 

Le Pitch Me avait ouvert en Mai 2013, fondé par trois amis : Mamadou Fédior, Karim Miské et Sonia Rolley. Un restaurateur, un écrivain et une journaliste qui avaient fait de ce lieu un endroit chaleureux où la littérature pouvait s’écouter en sirotant un rhum-gingembre ou en dégustant des spécialités sénégalaises. L’association les Ami-e-s du Pitch Me  organisait bénévolement et avec succès l’animation du lieu qui a su réunir, depuis son commencement, 150 écrivains.

 

Au fil du temps, les événements s’étaient étendus au-delà de la littérature, proposait des projections de documentaires, de courts-métrages, mais également des soirées consacrées à la cuisine avec « Occupy Pitch Me », ou à l’engagement citoyen avec les « Jeudis de l’humanitaire ».

 

« L’objectif de tous ces évènements reste le même : permettre au public d’envisager la culture comme un artisanat, et puis débattre, discuter, échanger. Car c’est cela, notre raison d’être : faire que ce lieu soit celui de tous, celui de l’échange, de l’interaction. Pour nous, il n’y a pas de public, seulement des acteurs, et chacun d’entre vous fait partie de la Pitch Me family. »

 

Ce projet un peu utopique se retrouve aujourd’hui confronté à la spéculation immobilière, dans le onzième arrondissement parisien « dans un quartier où il est vital de permettre aux cultures de continuer à se côtoyer, se féconder, se mélanger », ce qui est le but de cette « zone d’autonomie utopique », aujourd’hui menacée. L’association a déménagé au Zèbre Rouge, à quelques dizaines de mètres du Pitch Me, 45 rue des Trois Bornes. 

 

Et pour passer le cap des premiers mois dans ces locaux, l’association espère récolter au moins 2000 euros pour pouvoir payer son loyer sans attendre l’attribution du subventions, de plus en plus aléatoires. Si la somme était encore plus importante, l’asso envisage de s’internationaliser et ne manque pas d’ambitions à investir : organiser des WIP hors les murs ou assurer la mobilité des auteurs hors paris (Metz, Dakar, Luxembourg, Kinshasa...).

 

En deux jours, le projet a déjà récolté 1060 euros, les contributeurs de 5 à 2500 euros se verront offrir des cadeaux. Pour 30 € par exemple : une entrée à la fête-concert dans nos nouveaux locaux + 1 rhum gingembre maison + une assiette de tapas cuisinée avec amour + La carte de membre de l’association.