Un détective amateur annonce avoir démasqué Jack l'Éventreur

Julien Helmlinger - 08.09.2014

Edition - International - Jack l'Eventreur - Analyse ADN - Scotland Yard


Un grand mystère semble avoir été résolu à l'issue de plus d'un siècle de théories plus ou moins loufoques. Ce dimanche, le Daily Mail a dévoilé la conclusion d'un enquêteur privé, qui serait parvenu à démasquer le légendaire tueur en série de Whitechapel, Jack l'Éventreur. Grâce à des analyses ADN pratiquées 126 ans après les faits, sur un châle maculé de sang qui avait été retrouvé sur le corps d'une des victimes, Catherine Eddowes.

 

 

 

Portrait de Kozminski, Wikimedia Commons

 

 

Selon Russell Edwards, le célèbre tueur en série de la fin du XIXe siècle serait un immigré juif polonais du nom d'Aaron Kosminski , qui était âgé de 23 ans en 1888, au moment des faits. Il s'était installé dans le quartier depuis 1881, après avoir fui les pogroms russes, et exerçait comme coiffeur. L'année du drame, au moins cinq prostituées furent égorgées et mutilées dans le quartier londonien de Whitechapel.

 

À l'époque, l'homme faisait bel et bien partie de la liste des suspects établie par les policiers en charge de l'enquête. Par manque de preuves néanmoins, Scotland Yard n'avait pas été en mesure de le coffrer. Malgré tout, Kosminski allait par la suite être interné en hôpital psychiatrique où il décéderait en 1919.

 

Le détective amateur Russel Edwards a même sa petite idée concernant les motivations de celui qu'il tient pour coupable : « Ce qui est certain, c'est qu'il était gravement malade mentalement, probablement un schizophrène paranoïaque souffrant d'hallucinations auditives, et décrit comme un misogyne adepte de l'auto-abus, un euphémisme pour qualifier la masturbation. »

 

Russel Edwards est un amateur, un homme d'affaires qui s'est passionné pour le mystère Jack l'Éventreur, mais qui aura toutefois établi ses conclusions sur la base d'analyses ADN. Le Dr Jari Louhelainen, scientifique basé à Liverpool s'en est chargé, sur une écharpe maculée de sang acquise par Edwards lors d'une vente aux enchères en 2007. Celle-ci avait été découverte sur le corps de Catherine Eddowes, la quatrième des cinq victimes généralement attribuées à l'Éventreur.

 

Sur ce vêtement avaient été retrouvées des traces d'épithélium, tissu recouvrant les organes, et qui proviendrait de l'intérieur de l'urètre de l'assassin. En retrouvant les descendants de Catherine Eddowes et du suspect Aaron Kosminski, Russell Edwards a obtenu des échantillons d'ADN et les aura comparés à ceux retrouvés sur la pièce à conviction. Selon le Dr Louhelainen, dès le premier test, une correspondance à 99,2 % a été obtenue. L'occasion pour Edwards d'en tirer un bouquin, Naming Jack the Ripper, publié demain au Royaume-Uni.

 

Voilà une découverte qui semble infirmer la théorie de Michel Moatti, auteur du Retour à Whithechapel publié en 2013, qui désignait un certain John McCarthy, proprio des logements de Miller's Court, comme étant le mystérieux tueur en série. Pour sa décharge, d'autres sont allés jusqu'à soupçonner le prince Albert-Victor de Clarence, et même Sherlock Holmes s'était trompé.