Un dictionnaire corrigé pour un Premier ministre australien insulté

Clément Solym - 17.10.2012

Edition - International - Dictionnaire - Misogynie - Julia Gillard


Rassurez-vous, le premier ministre australien n'a pas censuré le dictionnaire. Ce sont les éditeurs eux-mêmes qui ont pris la décision de modifier la définition du terme misogynie après une tirade virulente de Julia Gillard, premier ministre travailliste, contre le chef de l'opposition Tony Abbott.

 

Labor Party Conference 2011 - Julia Gillard

Julia Gillard en 2011, Liam Mendes, CC BY-SA 2.0

 

 

Abbott n'est jamais en reste quand il s'agit de faire des remarques sexistes. Madame le Premier ministre a mis les choses au clair la semaine dernière avec une tirade de 15 minutes au Parlement. Elle s'en est prise au leader de l'opposition en soulignant à de nombreuses reprises son sexisme et sa misogynie. Elle lui a notamment dit : « S'il veut savoir à quoi ressemble la misogynie dans l'Australie moderne, il n'a pas besoin d'une motion à la Chambre, mais d'un miroir. » La sortie de Gillard a vite fait le tour de la toile et toute la presse australienne, mais aussi internationale, a relayé l'affaire. On trouve même un article dans le New Yorker qui se penche dessus en détail.

 

Chez les éditeurs australiens, les propos du Premier ministre ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Les responsables du dictionnaire australien Macquarie ont décidé d'apporter des modifications à leur définition de la misogynie. A l'heure actuelle la définition est la suivante : « haine pathologique des femmes ». Sue Butler, éditrice du dictionnaire, a estimé qu'il fallait compléter cette première définition. « On a désormais besoin d'une deuxième définition pour couvrir également les préjugés bien ancrés contre les femmes, et pas seulement l'horreur viscérale des femmes. »

 

La définition ainsi augmentée fera son apparition dans la version internet du dictionnaire d'ici la fin de l'année. Pour la version papier, ce sera en 2013. Par ailleurs, rappelons que Julia Gillard est la première femme à avoir accédé au poste de Premier ministre, poste qu'elle occupe depuis juin 2010. Elle est souvent la cible de remarques sexistes lors de manifestations.